Une fois que TA

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La Nouvelle-Zélande n’est pas un pays écolo. C’est étonnant décevant voir navrant mais c’est ainsi. C’est certes un pays de Nature du fait de la faible densité de population, Nature qui à été mis en exergue comme un symbole du pays. Et pour cause le pays a bel et bien été doté de merveilles naturelle extraordinaires. Seulement voilà la Nouvelle-Zélande est un pays jeune au caractère capitaliste et consumériste où l’économie prévaut sur les autres priorités quel qu’en soit le prix à long terme et où le droit à la propriété privée est supérieure au bon sens. C’est dit.

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Je roule en direction de Wellington, la capitale, au sud de l’île du nord. J’emprunte un itinéraire peu fréquenté le long de la cote est. Quand foret native n’as pas été systématiquement remplacée par des prairies, elle à souvent été rasée pour faire place à de tristes plantations de pins. Les camions qui transportent les grumes sont par ailleurs des écrabouilleurs de cyclistes confirmés. Ce bord de mer est plutôt joli sans être non plus sidérant de beauté, je rencontre de grandes plages de sable dominées par des collines rondes de 300 à 500m d’altitude. L’une de ces collines, pas plus remarquable que les autres s’appelle Taumatawhakatangihangakoauauotamateaturipukakapikimaungahoronukupokaiwhenuakitanatahu. Oui il s’agit bien de l’un des plus longs toponymes au monde, les néo-zélandais on un goût un peu ridicule pour les records du genre. Aux quatre coins du pays on trouve des plaques célébrant la présence du plus, vieux, long ou grand pont, tracteur, arbre etc de Nouvelle-Zélande, de l’hémisphère sud ou du monde … Les seconds voire même les troisième de chaque catégorie peuvent également être certifiés par un splendide écriteau municipal.

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Je rejoins rapidement Wellington, non sans avoir salué amicalement une colonie d’otaries sur le chemin. Ces belles bêtes moustachues à l’allure patapoufoïde sont étonnamment agiles, même hors de l’eau sur les rochers où elles aiment se prélasser.

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Je ne reste pas Wellington, c’est que je suis attendu par Iris sur la ligne de départ du Te Araroa.

Iris est une jeune normande toute blonde que j’ai rencontré à Hastings, d’humeur sportive et rigolote; la belle se découvre une passion boulimique pour la randonnée pédestre. Le Te Araroa Trial, long itinéraire de randonnée de 3000 km qui traverse toute la Nouvelle-Zélande du nord au sud devrait a priori rassasier cette énergumène qui gigote d’impatience en agitant ces bâtons de marche dans les airs. L’un des grands atouts d’Iris en plus d’un sourire et d’un positivisme éclatant, c’est sa détermination inoxydable à accomplir ses projets. Quand on veut on peut, et je n’ai jamais douté que cette fille de 22 ans, nettement plus fine que son sac à dos, qui se lance mal préparée, mal informée, mal équipée et sans expériences atteindrait ses objectifs avec panache et style.

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Consciente de son inconscience, elle est ravie que je l’accompagne pour les deux premières semaines de son aventure.

Nous nous retrouvons à Havelock au nord de l’île du sud, capitale mondiale -dit la pancarte à l’entrée du village- de la moule verte où je peux laisser mon vélo en pension le temps de randonner.

Notre première section est la traversé du massif des Richmond, l’une des section les plus dures du Te Araroa. Les premiers jours nous évoluons sur de longs sentiers escarpés qui traversent d’épaisses forets humides à la chaleur étouffante. Nous dormons dans des « huts » en anglais, des refuges en français mais par souci d’authenticité je vais continuer  à parler de hut. Les huts sont de petites maisons plutôt bien construites, dotées selon les cas de 5 à 30 matelas, d’un point d’eau, de toilettes sèches et d’un poêle à bois. En contre-partie du payement d’un pass de 92 dollars nous pouvons dormir aussi souvent que nous voulons dans les huts, à condition que toutes les places ne soit pas déjà occupées par les « nombreux » autres randonneurs que nous croisons. Le camping à côté des huts est toujours possible heureusement.

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Le climat comme souvent en Nouvelle-Zélande peut être très pluvieux même durant l’été. Il y à des tas de ruisseaux, torrents et rivières à franchir, parfois avec de l’eau jusqu’à la taille. Ajoutez à cela de nombreuses zones marécageuses, les chaussettes de l’archi-duchesse sont rarement sèches archi-séches.

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Sur les sentiers du Te Araroa galope une population très hétéroclite. Nombreux sont ceux qui sont de vrais fadas de la rando, ils ont déjà parcouru la plupart des grands « trek » sur plusieurs continents, possèdent un équipement ultra-light, ultra-solide et ultra-cher et sont capable d’absorber les km de marche à une vitesse déraisonnable. Il y a des fous, qui parcourent en une journée ce que nous faisons en trois jours, ces derniers sont là pour le sport plus que pour la montagne. Iris et moi-même détonnons aussi plus par notre amateurisme apparent, moi en jeans, avec un sac toujours trop petit pour son contenu, Iris avec un incongru ukulélé dont je n’ai jamais entendu le son et son côté candide. Quelle que soit notre façon de marcher l’ambiance du Te Araroa est toujours bienveillante. Parfois face a la rudesse de la montagne les nerfs et le corps craquent sous le poids de trop d’efforts accumulés et chaque soir les occupants de la hut vous remonteront comme une pendule pour le lendemain. C’est que tous sont liés et unis par ce long sentier parsemé de balises orange qui nous guide. Sentier rapidement renommé le TA (à prononcé en anglais uniquement « the Ti hèè ») par sa communauté bipéde.

Notre communication avec Iris passe beaucoup par un duel perpétuel de taquineries et de moqueries amicales, caricaturant les mimiques de l’autre avec un réalisme surprenant. Notre duo comique est applaudi en silence par notre principal public en la personne de Corentin, un rêveur discret rencontré des le premier jour de marche, qui nous a aussi fait hurler de rire par la finesse de ses rares interventions.

La foret se transforme au fil du chemin et devient de plus en plus belle. Je suis fasciné par la mousse épaisse et vivace qui recouvre souvent tout ce qui est, les pierres, les arbres jusqu’à l’extrémité des branches, les troncs pourrissants des arbres du passé, le sentier lui même n’y échappant pas toujours. Lorsque nous gagnons en altitude les arbres se ratatinent et la mousse fait place à un lichen touffu qui ressemble à de la fausse barbe et qui habille de magie tout notre monde. Les Richmond nous offrent au détour d’un col ou d’un chemin de crête des vues inoubliables sur la mer, parfois à l’est de l’île, plus souvent à l’ouest vers la baie de Nelson. 

Nous arrivons enfin dans le village de Saint Arnaud après 10 jours intenses pour nous ravitailler en vivres et énergie. La section suivante, la région de « Nelson’s Lake » nous offrira pour huit jours d’été, des montagnes aux pentes bien plus accueillantes, des vues époustouflantes sur ces fameux lacs et de larges vallées couvertes d’une belle herbe dorée. Iris qui a franchi les Richmond dans la douleur et la souffrance donne désormais le rythme, et c’est à moi de m’accrocher pour tenir la cadence.

Notre sentier nous déposera à Hamner Spring, petite ville agreable du centre des Alpes néo-zélandaises où il est temps pour moi de revenir vers mon vélo et de laisser une Iris pleine de force continuer sereinement sa route initiatique.

Combo arc-en-ciel et coucher de soleil qui dit mieux?

 

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C’est trognon

Enfin! Je me suis accroché à l’idée d’aller en Nouvelle-Zélande comme un chacal sur un bout de gigot. J’ai consciencieusement ignoré tous les mous du genou qui me disaient « Bah laisse béton, Gros. Il y a plein d’autres endroits chouettes où aller » Enfin ! Je suis à l’aéroport d’Auckland. Mais tant que je n’ai pas passé toutes les formalités je refuse l’euphorie. Contrôle des passeports. Je n’ai jamais aimé cette formalité, encore moins à l’aéroport. On se trouve toisé de haut en bas comme étant un potentiel enquiquineur qui vient répandre sa tuberculose dans le pays. Pour que ça se passe le plus vite possible, je m’habille aussi correctement que possible à chaque frontière et je fais la queue derrière le guichet où le ou la douanière (c’est ça l’écriture inclusive?) semble la plus sympathique.

La Nouvelle-Zélande a une politique de bio-sécurité hyper-pointilleuse. J’ai réussi à montrer patte blanche et à prouver que je suis un individu sain et dé-tuberculisé, mon vélo, ma tente et mes chaussures de rando doivent en faire de même. Un gros moustachu qui rentre à peine dans son uniforme inspecte assidûment les pneus et les gardes-boue du vélo ainsi que mes chaussures de rando. Aucun bout de terre ne doit entrer dans le pays, d’hypothétiques germes potentiellement destructeurs pour écosystème très isolé de l’archipel pourraient s’y trouver. Pire encore pour les néo-zélandais, l’agriculture pourraient être ravagée par une vilaine bêbête invasive. Ma tente est aspergée d’un charmant produit chimique.

Il est 21h, je monte mon vélo avant de pouvoir monter dessus .La scène se passe sous une petite bruine devant l’aéroport.Je suis exténué par les 35h de voyage et les 12h de décalage horaire. Je monte pas vite mais j’y suis !

Je ne reste pas à Auckland, ce n’est pas la capitale bien que ce soit de très loin la plus grande ville du pays. Il y a un petit centre ville avec un bouquet de gratte-ciel, modeste et moche quand on se place en son centre, mais plutôt élégant lorsque l’on se trouve de l’autre coté de la baie. Immédiatement autour de ce centre, la ville pavillonnaire commence. Plutôt serrés les un contre les autres au début les jardins s’étirent proportionnellement à leur distance du centre. Tant est si bien qu’au bout de 40km les jardins deviennent des petits prés peuplé de moutons.

Je roule un peu plus de deux jours, direction sud-est. Il y à beaucoup de plantation de kiwis ou je devrais pouvoir travailler quelques semaines.

Alors là vous allez me demander naturellement pourquoi à peine arrivé je cherche déjà à travailler au lieu de savourer ces splendides paysages qui m’appellent. Et bien, le coût de la vie en Nouvelle-Zélande est assez prohibitif et je me suis promis de ne pas y dépenser un euros supplémentaire mais uniquement les dollars que je pourrais gagner sur place. J’atterris donc dans un backpacker du village de Katikati ou Parram, le manager originaire du Penjab, comme la quasi totalité des occupants du lieu s’occupe aussi de vous trouver un boulot dans les plantations de kiwis.

Il est très important avant de poursuivre mon récit de comprendre ce que c’est qu’un kiwi en Nouvelle-Zélande.

Kiwi :. Étymologie : du mots maori « Kivi-kivi »

sens 1 : Nom masculin Kiwi est le nom vernaculaire des oiseaux de l’ordre des apteryformes qui ne comportent de cinq espèces toutes endémique de la Nouvelle-Zélande. Les kiwis sont considérés comme des espèces menacées. Les kiwis sont des oiseaux terrestres incapables de voler de la taille d’une poule. Du fait de leur rareté et de leur caractère nocturnes ils sont difficiles à observer dans leur environnement naturel. Le long bec fin très caractéristique des kiwis en a fait l’un des emblèmes de la Nouvelle-Zélande. « j’ai eu la chance de voir un kiwi la nuit dernière, juste à coté de Haast »

Sens 2 : nom commun ou adjectif ; synonyme de Néo-zélandais, sous-entendu parfois néo-zélandais non-maori. Le kiwi oiseau est si bien identifié à la Nouvelle-Zélande que le terme désigne désormais dans le langage commun les habitants du pays « Les kiwis sont piètres cuisiniers mais de très bon mangeurs » ou tout ce qui s’y rapporte quand on l’utilise comme adjectif « le vin kiwi est bien meilleur que ce que l’on pense »

sens 3 : nom masculin. Kiwi est le nom vernaculaire des fruits de plusieurs espèces de lianes du genre Actinidia. Ces fruits originaire du sud est de la Chine sont également appelés « groseilles de Chine » Au début du vingtième siècle des cultivateur néo-zélandais font tout un travail de sélection des plants afin de faire grossir le fruit de la liane et de lui donner après plusieurs décennies d’effort le succès commercial actuel. Le nom s’impose facilement notamment grâce à un fort marketing néo-zélandais. La Nouvelle-Zélande est encore aujourd’hui le second producteur de kiwis au monde. Les néo-zélandais utilisent cependant plus fréquemment l’expression kiwi-fruit pour éviter les confusions avec les différents usage du terme.

Il y a aussi un vieux maori, sosie de Popey

Tout est mal organisé dans ce backpacker, Parram est un jeune homme trop gentil, incapable d’autorité face à ses compatriotes trop dispersés ou trop occupés à la fumette et à la picole. Je sympathise avec Satish, contrairement aux autres il n’est pas un sikh du désert du penjab mais un hindou des plaines l’Andhra Pradesch. Satish comme beaucoup d’autres jeune indiens est entré en Nouvelle-Zélande avec un visa étudiant et comme un certain nombre d’entre eux est resté dans le pays après l’expiration de son visa. La communauté indienne étant assez forte, surtout sur l’île du nord, les gens dans la situation de Satish trouvent encore du travail au noir grâce l’entre-aide communautaire. Satish a un « bon contact » pour un travail dans les plantations de pommes à Hastings 350km plus au sud. Je pourrais travailler légalement et lui au noir. Tout le monde y trouve son compte, notre employeur peut ainsi plus facilement présenter un bilan comptable crédible à l’administration fiscale. En effet en Nouvelle-Zélande toutes les administrations collaborent bien entre elles et l’administration fiscale ne manquera pas de prévenir l’immigration en cas de doutes. Satish prend le bus et moi le vélo malgré sa perplexité sur mon mode de transport favori.

Hastings est situé à 20 km de la côte dans une grande plaine agricole. La ville est dans l’ensemble assez moche. Où que l’on soit on a le sentiment de s’être perdu dans une zone commerciale et industrielle. Le seul modèle architectural qui jalonne ce quadrillage de rue désespérément parallèles et perpendiculaires les unes par rapport aux autres c’est le modèle « hangar » , des grand rectangles de tôle partout. L’axe principale de la ville est pollué par les vapeurs de malbouffe on y trouve sur un petit km de long : KFC, Mac Donald, Domino Subway, Burger King, Pizza Hut, un kebab, deux fish and chips, deux food truck à burger, un supermarché lowcost, des resto chinois, trois « bottle shop » (magasin d’alcool) entre autre … J’ai l’impression de prendre deux kilos a chaque fois que j’y passe.

Non j’ai pas honte d’embêter les poussins pour un jeu de mots très réussi!

Les hastingois sont nombreux à être des immigrés récents, la communauté indienne y est très visible aussi que la communauté tongienne qui aime arborer son drapeau sur les voitures, principalement les soirs de matchs de rugby.

Durant la saison des pommes de nombreux travailleurs du Vanuatu, des Samoas ou encore des îles Salomon bénéficient de visas temporaires de travail et colorent un peu la ville. Cependant j’ai une vision moins angélique que la plupart des gens sur se système de visa saisonnier accordés aux îliens. Les gars (mais aussi les femmes parfois) postulent dans des agences directement au pays. Les agences prennent tout en charge : les formalités de visa pour chacun, le trajet en avion, le travail sur place ainsi que le contrat qui va avec, tout les déplacements en Nouvelle-Zélande, le logement, le transfert des salaires au pays et le trajet retour le sur-lendemain du dernier jour de travail. Chacune de ces opérations justifiant un prélèvement sur le pécule finale de chaque travailleur évidemment. Les agences imposent un règlement très infantilisant à leurs recrues, interdisant à ces gens de boire de l’alcool ou même du kava, en toutes circonstances. A aucun moment ces travailleurs n’auront l’opportunité de changer de logement ou de travail si ceux ci ne leur conviennent pas. Et encore moins l’opportunité de voir autre chose qu’une plantation de pommes. Les différents gouvernement néo-zélandais sont très fiers de ce système qui selon eux est gagnant-gagnant car la Nouvelle-Zélande comble une partie de son déficit de main d’œuvre et les îliens dixit certains kiwis « gagnent eux même leur propre aide humanitaire » pour développer leur pays misérablement vulnérable aux cyclones. Une réflexion d’une arrogance effroyable. Le dernier gros cyclone du Vanuatu, le plus fort n’ayant jamais affecté ce pays a certes causé la mort de plusieurs dizaines de personne mais le chiffre est à mettre en perspective avec la chute de 50% de la population après la découverte du pays par les occidentaux.

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Selon moi, le système de visa saisonnier bien que vertueux à court terme est bien plus vénéneux qu’il ne semble. L’agriculture néo-zélandaise est horriblement polluante, les fermiers utilisent une quantité aberrante de produit chimique parfois de façon complètement stupide. Un exemple : du glyphosate le long des clôtures … déjà que les clôtures ne servent à rien, les pommes n’ayant que très peu d’autonomie spatiale… Ce modèle agricole hyper productiviste, complètement orienté vers l’exportation est en train de détruire l’environnement sanitaire de la Nouvelle-zélande est a besoin d’une grosse remise en cause d’urgence. Si vous mangez des pommes épluchez les sur deux centimètres de profondeur.

De leur côté en prenant l’exemple du Vanuatu que je connais, les mecs travaillent pour financer deux choses principales. Des maisons en ciment et en tôle, deux matériaux très cher à importer et souvent de mauvaise qualité qu’ils devront continuellement réparer tout comme leur maison traditionnelle dont les matériaux sont offerts par la jungle. Les Vanuatais on parfois besoin d’argent pour financer l’éducation des enfants mais de plus en plus ces gens éloignés six mois par an de leur île s’approprient notre modèle de consommation et se procurent toutes sortes de choses dont ils n’ont pas besoin mais qui font envie. Cela ne fait que rajouer un peu plus de fragilité et de dépendance à ces îles en fin de compte.

Je reste à Hastings jusqu’à début janvier le temps d’accumuler mois aussi, couvert de honte et de réalisme, un petit pécule avant de commencer véritablement mon périple au pays des kiwis, des maoris et des autres.

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tutututuuuuuuh!

Je suis donc rentré en France pour savoir si j’étais bien un tuberculeux ou pas. Oui, c’était bien le cas, comme quoi la procédure néo-zélandaise n’est pas si absurde. Pas de panique, de nos jours et surtout quand on n’a pas développé les symptômes ça se soigne très bien. Six mois d’un traitement antibiotique pour cheval et c’est fini. Comme je suis une bête je n’ai eu aucun effet secondaire du traitement à part le fait de faire pipi orange.

Reste la question de où ai-je été contaminé ? Je ne le saurais jamais avec certitude. Les médecins me disaient que j’étais un tuberculeux passif depuis deux ou trois ans, les trains chinois et indiens, les bateaux indonésiens où j’ai été durant de très longues heures voire des jours dans des espaces confinés, surpeuplés de gens souvent très pauvres et sans accès régulier à des services de santé sont des suspects idéaux. La tuberculose se transmet le plus souvent d’un malade qui à développé des symptômes (toux, fièvre, transpiration etc.) par les tout petits postillons qui flottent dans l’air.

Une fois guéri, j’ai refait une demande de visa pour la Nouvelle Zélande. 140 euros. Ça à été un moment très stressant. J’étais à la limite d’âge absolue pour ce type de visa, si je devais recevoir un nouveau refus, il m’aurait été impossible de repostuler. Je dois prouver que je suis bien guéri à l’immigration néo-zélandaise en suivant tant bien que mal la logique de leur administration. Pour commencer, je dois refaire une radio des poumons dans la clinique agrée par leur bon soins, 80 euros. Logiquement j’aurais dû recevoir, deux jours plus tard, un mail demandant les tests supplémentaires. Comme je ne reçois rien je retourne à la clinique m’assurer que la radio a bien été mise en ligne sur le logiciel dédié, on me dit que oui, tout roule, je ne dois pas m’inquiéter. Je reçois enfin un mail de la Nouvelle Zélande, qui dit « Vous n’avez pas fait la radio que nous avons demandée, si dans deux jours on n’a toujours rien votre visa sera refusé » je réponds : « Je pense que votre système montre mon dossier comme étant incomplet car d’autres tests devraient m’être demandés, s’il vous plaît dites moi quels sont ces tests exactement afin je puisse les réaliser. Je vous assure que la radio a déjà été faite. » On me répond a nouveau « Non non non, juste la radio, dépêchez vous il vous reste 24h »

Panique et agacement ! Je fonce à la clinique. « Mais monsieur, c’est en ligne enfin, regardez vous même sur l’écran » « En effet la radio est bien en ligne mais c’est quoi le truc orange là ? » « chaiii pas, on n’y pas accès ici, ils doivent demander d’autres infos » Nann sans déconner… je fonce au cabinet du médecin agréé par l’immigration néo-zélandaise, la secrétaire a accès aux détails de mon dossier contrairement à la clinique. Elle me dit qu’il me faut simplement fournir l’ensemble de mes radios réalisées durant et après le traitement ainsi qu’une lettre du pneumologue qui m’a suivi, en anglais. Je demande trois fois à la secrétaire si le test d’analyse des crachats n’est pas demandé car il faut 8 semaines pour que ce dernier donne des résultats fiables. Elle dit non trois fois.

J’appelle directement les services d’immigration en Nouvelle Zélande. Deux coups de fil qui incluent un total de trois heures d’attente avec la petite musique pénible. 30 euros de facture téléphone en plus, et encore là- dessus je m’en sors bien. En fait je commence à comprendre que deux entités des services d’immigration néo-zélandaise communiquent mal entre eux, le service médical qui statue sur mon état de santé acceptable ou non et l’agent d’immigration avec qui je communique par mail qui prend la décision finale sur mon visa. Miracle, avec mes coups de fil je corrige le bug administratif entre deux services d’un même ministère situés à 20 000km de là où je me trouve. L’agent me donne deux semaines de délai pour envoyer toutes les infos sans faire mentionner qu’elle s’apprêtait injustement à me refuser mon visa.

J’avais déjà numérisé mes radios et demandé à mon pneumologue la fameuse lettre bien en amont. Lettre qu’il ne m’avait jusque là pas envoyée. Je lui balance trois mail où je mets toute la pression possible, la lettre arrive en 24 h. Je paye 75 euros pour la faire traduire en anglais, si j’avais pu le faire moi même c’eût été trop simple. Je prends rendez vous avec la médecin agréée, 75 euros les cinq minutes de consultation, où c’est moi qui explique que je suis guéri !

Je pense être arrivé au bout de l’histoire, j’envoie par mail les radios à la secrétaire qui se chargera de les mettre en ligne sur le logiciel de l’immigration néo-zélandaise. Le lendemain je reçois un mail de sa part qui commence par « I’m very sorry but … » Oui, parce qu’elle me parle en français et m’écrit toujours en anglais. « but, les radios doivent absolument être au format « dicom »  »

C’est quoi ça dicom ? Wikipédia explique que c’est un format informatique utilisé par les logiciels de radiologie. Cool ! J’en ai deux déjà en dicom sur un CD. J’appelle les différents centres radiologique où j’ai fait mes radios. Un seul pourra me fournir ma radio en format dicom. Je suis à trois dicom sur les six radios à fournir. Aucun centre radiologique, pas même la clinique agréée et l’une des seules en France à travailler avec ce système de données médicales en ligne pour services d’immigration, n’accepte de convertir mes radios en dicom. Je dois m’y coller moi même, je télécharge pas moins de cinq logiciels de radiologie sur mon ordinateur et parviens tard dans la nuit à envoyer à la secrétaire des beaux fichiers dicom tout frais.

Un mail : « I’m very sorry but … » « but whaaat ! Je commence à saturer là ! » « but, les fichiers doivent faire moins de 10 mo, et là ils font tous plus de 20 mo » Ben ouais meuf, Wikipédia dit que c’est un format haute définition, donc par nature c’est des gros fichiers et dans leur conception on n’est pas censé pouvoir les réduire. Comme ça les toubibs ils peuvent bien voir toutes nos petites taches tuberculeuses sur nos poumons …

J’avais toujours mes logiciels d’apprenti radiologue, je tâtonne parce que je ne suis pas informaticien et mes dicom rétrécissent enfin. J’ai pris une marge de sécurité, ils font tous moins de 8mo.

Un mail « I’m very very sorry but… » Je perds mon sang froid, je veux pulvériser mon ordinateur sur le mur de l’appartement tellement fort qu’il devrait aussi traverser le mur du voisin de l’autre coté de la rue. Je veux annihiler la planète. « but, what encore bordel de merde ? «but, en fait c’est 5mo max » Avec tout ces contre-temps le délai de deux semaines expire le lendemain. J’envoie à l’agent d’immigration un mail avec une copie de mes échanges avec la secrétaire afin de justifier mon retard. Finalement c’est pas bête de s’écrire en anglais.

Je convertis mes radios en dicom de toutes tailles, en fichier jpeg, en gif en pdf même en doc et je me pointe avec l’ensemble directement au cabinet médical avec ma clef USB que je donne à la secrétaire. « allez y, essayez les tous , il y a bien une version qui va passer ! » « ah oui, c’est bon c’est en ligne ! Ah zut j’avais pas vu il y a un sous-onglet, ils demandent aussi le test d’analyse des crachats » « on parle bien de celui qui prend huit semaines à propos duquel vous m’aviez dit trois fois qu’ils ne le demandaient pas ? » « oui, je suis désolée »

Soupires, lassitude et vide.

La médecin passe dans le hall. « Docteur, qu’est qu’on peut faire ? » Qu’elle demande. « Remettez la lettre du pneumologue à la place des résultats, le dossier aura l’air d’être complet. » « mais…. ouais j’en ai assez de toutes façons… »

Épilogue : Depuis des semaines les mails provenant de la Nouvelle Zélande ne me donnaient que de nouveaux emmerdements bureaucratiques. Et force est de constater que l’informatique n’a rien simplifié du tout. Du coup quand j’ai reçu celui qui m’annonçait que mon visa avait été validé, j’ai grommelé avant de l’ouvrir, un truc comme « qu’est-ce qui veulent encore ces cons ». Puis j’ai arrêté de faire la gueule.

Je repars tout frais, avec un nouveau vélo talentueusement conçu et monté par mon pote Pascal, grand maître manager du magasin cyclable à Poitiers. Je repars aussi avec une remorque remise sur roulette grâce à la gentillesse de Christian son concepteur et fabriquant. Christian est un passionné et un perfectionniste qui mérite bien une petite pub : tzc.fr pour commander des remorques en forme de chauffe-eau ! Merci à tous les deux, vous m’accompagnez au quotidien !

Je suis allé tester le matos dans les Pyrénées

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tremblement au paradis

Tout au bout de Tanna il y a une baie appelée « Port Resolution » très prisée des plaisanciers. Le voilier est évidemment l’un des meilleurs moyens de visiter le pays et j’espère bien trouver quelqu’un qui acceptera de me prendre à bord entre deux îles.

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Il y a justement ce jour là tout un groupe de voiliers qui participent à un « rallye » autour du monde. Il ne s’agit pas d’une course mais simplement d’un groupe de plaisanciers qui voyagent ensemble aidé dans la logistique à chaque escale par une organisation. J’aborde le groupe qui vient juste de toucher terre. Je suis un peu déconcerté. Alors que je viens de passer une semaine au sein de villages vanuatais isolés et incroyablement accueillants , ce monde de rallyes me semble être d’un décalage comique. Le village dispose d’un « yacht club », grâce auquel les organisateurs du rallye ont pu faire venir une importante quantité de bière. Le yacht club change les dollars en vatu, la monnaie locale, vend des cartes sim et organise la visite en 4×4 du volcan. Beaucoup des participants sont très mondains, pas antipathiques, mais clairement bien éloignés de ma façon de vivre et de voyager. Matt, un anglais, navigue depuis Londres sur son voilier. Il est accompagné depuis les Galapagos de Juan, lui même originaire de ces îles d’Amérique centrale. Juan, 25 ans et joyeux comme un latino-américain, m’assure que Matt m’emmènera volontiers sur son bateau jusqu’à Port Villa.

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Avant de partir et à l’initiative des villageois, il est organisé une belle cérémonie d’échange de cadeaux. Le cyclone Pam a ravagé le pays deux ans plus tôt, et comme aux Fidji, le retour à la normale prend des années. Les plaisanciers ont apporté des outils et des clous qui font cruellement défaut ici pour la reconstruction des bâtiments et en échange les femmes du village ont tressé de grands paniers en feuille de palmier que les hommes on rempli à ras bord d’un échantillonnage généreux de fruits et légumes de leurs jardins. Cet échange entre deux groupe tellement différents à été incroyablement bien orchestré par cette population si chaleureuse et accueillante. Les vanuatais ont eu le souci de comprendre la culture de leurs hôtes afin de les associer complètement dans cet acte traditionnel, et cela sans que personne ne ressente à aucun moment cette gêne ou cet embarras qui se produit souvent lorsque deux groupes culturellement éloignés interagissent de façon un peu formelle.

Avec Matt et Juan, je fais à nouveau escale sur Erromango, de l’autre côté de l’île cette fois ci avant de voguer vers à Port Villa en quelques jours de mer. Matt est un homme très généreux, peut être même trop, il ne me demandera aucune participation, même pas pour la nourriture. Par contre il est d’un caractère très irascible, ce qui sur un petit voilier est une difficulté. Il s’emporte souvent quand je le fais répéter. C’est qu’il parle avec un certain accent mais surtout que sa voix à été grandement diminuée par un cancer de la gorge. Ce tour du monde à la voile qu’il réalise, c’est sa rémission, sa victoire sur la maladie. Juan qui le fréquente depuis un moment maintenant, loue ces qualités de battant, sa générosité et sa droiture mais est excédé par ces pulsions névrotiques, souvent difficile à remettre en cause quand sur un bateau le capitaine est seul maître à bord. « Il à déjà perdu plusieurs équipiers et je vais pas le suivre jusqu’au bout » dit-il non sans regrets. Pour ma part j’étais content de cette premier expérience sur un voilier en haute mer, même si c’est vrai, j’aurais aimé que Matt puisse me transmette un peu plus de savoir qu’il ne l’a fait sur la navigation.

A Port Villa, comme lors de mon premier passage, il y à un gros paquebot de croisière à quai. Je ne reste pas plus longtemps en ville. Je part sur l’île d’Epi,100 km au nord. Je prends l’avion, et c’est un peu inhabituel. On commence par me peser, pas mes bagages, enfin si les bagages aussi mais séparément de moi-même. C’est que mon avion n’a que dix places et qu’il faut équilibrer le poids des passagers dans l’habitacle. Nous sommes cinq sur ce vol bihebdomadaire ce jour là. Un couple de touristes australien, deux vieux fermiers locaux qui gardent leur machette entre les genoux durant vol et moi. L’aéroport de Laman bay principal village d’Epi est composé d’une piste herbeuse, qui sert parfois de pâturage, et un bâtiment en brique sans électricité. Le copilote décharge les bagages en les propulsant a l’extérieur de l’avion à coup de pied. On avait été prévenu par une petite pancarte avant le départ : « Le rôle de votre valise est de protéger vos affaires, ne soyez pas outrés. ».

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La « route » principale d’Epi

Je suis abordé par un homme d’une soixantaine année, du type nounours géant avec une belle barbe blanche et massive. Il est est plein de sympathie et de gentillesse, il me fait spontanément un petit topo sur l’île et m’indique les noms de toute une liste de gens qui pourraient m’héberger autour de l’île. Puis il me parle de ses enfants tous de jeunes adultes. « j’ai trois fils… j’ai deux fils et une fille » « Mon fils est mort. Il est mort juste là, le mois dernier » dit il en pointant l’angle de l’allée qui mène à sa maison « Il avait 29 ans, une crise cardiaque … » Le chagrin de ce père m’a ému, il s’est confié à moi, un inconnu, sans cacher sa douleur, en contenant l’émotion dans sa voix tout en me communiquant le besoin qu’il l’anime d’aimer les autres et d’aimer la vie.

Car au delà des drames personnels et universels, le Vanuatu est un pays heureux. Tellement heureux qu’il a été désigné « pays le plus heureux du monde » en 2006. Je ne sais pas comment sont réalisés ces classement, ni même s’ils ont un sens mais je veux bien expliquer pourquoi on est heureux au Vanuatu. Bien sûr le climat tropical, les plages magnifiques, bref le cadre de vie aide. Au Vanuatu on travaille très peu, deux ou trois heures par jour à peine dans les jardins. Le sol enrichi par les volcans et la jungle sont hyper fertiles, le manioc, le dalo, les patates douces et autre légumes poussent a toute vitesse. Les poules sont assez autonomes également, elle se nourrissent seules bien souvent, picorant allègrement les insectes de la jungle. Parfois la fin des repas des humains leur est donnée si les chiens leur laisse une chance. Les cochons sont sauvages mais la chasse est toujours un sport apprécié. La pêche se fait souvent à marée basse dans les lagons, les plus sportifs feront de la plongée pour capturer les proies, mais nul besoin de se rendre au delà de la barrière de corail où la mer est déchaînée. Les maisons sont construites avec les matériaux offerts par la jungle. Le Vanuatu est donc l’un des rares pays où l’on peut vivre sereinement sans argent, en occupant le plus clair de son temps aux loisirs telle la consommation de kava. D’ailleurs, il est incroyable de constater que la plupart des jeunes, même après avoir fait des études à l’université de Port Villa, reviennent très souvent dans leur village pour y vivre. Le village est l’élément structurant le plus important du pays, tout le monde porte au cœur de son identité son village. A tel point que l’on m’a abordé plusieurs fois par la question suivante « Où est ton village ? » L’émigration et l’immigration sont anecdotiques. L’éducation et la santé pourraient certes être perfectionnées, les moyens de l’état sont faibles mais les infrastructures existent. Une île comme Epi de 5 000 ou 6 000 habitants disposent d’école dans chaque village, et d’un collège-lycée avec un internat à Laman Bay. Laman Bay dispose d’un grand dispensaire et la plupart des villages de petites infirmeries.

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Un grand nakamal, l’un des rares à avoir résisté au cyclone Pam.

Je me lance dans un tour complet de l’île, le centre n’est pas ou très peu habité. Le littoral est toujours la zone de prédilection d’installation des villages, si possible en face d’une grande baie. Mais quand la population d’un village atteint 300 ou 400 habitant certaines familles s’installent un peu plus loin et fondent un nouveau village sur un territoire offert par le chef du village ou sur un territoire vierge. Le chef de famille devient ainsi lui aussi chef de village. La fonction de chef est héréditaire mais pas toujours de père en fils, il y à un age minimum et il est fréquent que la transmission se fasse de frère à frère.

La moitié ouest du contour de l’île dispose d’une piste utilisée par la dizaine de véhicules disponible sur toute l’île. Il me semble que cette piste bénéficie au développement démographique des villages qu’elle relie. Chef Maurice qui m’hérberge une nuit, est tout de même le responsable d’un patelin de 500 âmes. Les langues locales en revanche pâtissent de cette autoroute. Le contact entre villages étant facilité l’usage du bichelamar progressivement prend le dessus même au sein d’individu du même groupe linguistique.

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Pêche à pied face à l’île-volcan Lopevi

Les habitants subviennent spontanément à tous mes besoins, je me fais offrir des fruits en début d’après midi par les groupes qui reviennent des jardin, certains m’accompagnent dans ma marche sur plusieurs km afin que je prenne le bon sentier où simplement pour me tenir compagnie. Quand je demande à n’importe qui où je peux dormir, je sais que je dormirais chez lui.

Il y a un village d’Epi qui n’est pas peuplé d’habitant originaires de l’île mais d’une petite île volcan voisine. Le volcan de Lopevi, belle bête de 1400m de haut, est entré en éruption il y a plus de 30 ans et a contraint la population à fuir les lieu. Les terres que ces gens occupent dans leur nouveau village leur sont prêtées par les chefs d’Epi. En revanche ils sont toujours les propriétaires de leur île sur laquelle ils se rendent encore quotidiennement en barque pour cultiver leur jardin. Le volcan semble s’être calmé depuis un moment et certaines familles commencent tout juste à se réinstaller sur place.

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Passé ce village je dois traverser une longue section de jungle sans habitat. On m’assure qu’il n’y a qu’un seul sentier et que je ne vais pas me perdre. En réalité ce fut un vrai labyrinthe surtout au début. Il y avait des tas d’embranchements menant vers des jardins. Comme il était souvent impossible de les différencier du bon sentier, je choisissais une direction au hasard en prenant bien soin d’enregistrer ma position GPS sur mon téléphone. Il n’existe pas de véritable carte d’Epi, mais simplement le contour de l’île avec une dizaine de points identifiés comme les sommets des trois volcans (éteints?). Je ne négligeais pas non plus la fameuse méthode dite du « petit poucet » en dessinant des formes reconnaissables à l’aide de bâtons trouver autour de moi. Méthodiquement je progresse sur le sentier, rebroussant chemin parfois sur plusieurs km. A mi chemin je croise un type qui cette fois ci me jure qu’il n’y a plus d’intersection. En effet le sentier, très étroit, me guide convenablement au fond d’une jungle épaisse, loin des falaises de la cote voisine. Une jungle sans fin, sur une toute petite île. C’est intimidant et rassurant à fois. Je prend en altitude, je grimpe à 500 m au dessus de l’océan jusqu’à un panorama grandiose sur la pointe sud-est de l’île. J’aperçois les lagons et lac au milieux desquels se trouve un petit groupe de village complètement séparé du reste de l’île. Au large, je vois toujours Lopevi et au moins quatre autre îles, dont une inhabitée tout à fait stéréotypé eavec sa plage de sable blanc, son petit lagon, sa petite montagne ronde et ses quelquee cocotiers. Mais donnez lui son Robinson la pauvre !

Sur la cote sud le seul chemin c’est la plage. On peut choisir de traverser les anciennes plantations de noix de coco, mais c’est à vos risques et périls. Un cocotier produit et donc laisse tomber environ 200 noix de coco par an tout au long de l’année. En passant sous des milliers d’arbres, on multiplie le risque d’une mort très conne.

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De retour à Laman Bay, je croise un Espagnol qui marche comme moi autour des îles. Alors que nous dînons dans le seul resto existant les murs se mettent à vibrer , faisant claquer les objet qui y sont accrochés, le sol tremble aussi et même gronde. Le tremblement de terre dure une dizaines de secondes, nous nous regardons encore d’un air stupéfait quand notre aubergiste déboule dans la salle le sourire jusqu’au oreilles. « Vous avez senti ça ? C’était génial non ? » Pour nous c’était la première fois, pour lui c’est presque banal, au Vanuatu il y a un séisme par jour en moyenne.

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Alors, Yasur bien?

Les difficultés pour obtenir mon visa néo-zélandais semblaient inextricables depuis les Fidji. Au bout de deux mois, je suis toujours dans l’impossibilité de savoir si je suis oui ou non porteur de la tuberculose, les différents tests sont mal réalisés et donnent des résultats contradictoires. Je choisis d’aller coûte que coûte en Nouvelle Zélande et pour cela il me faudra rentrer provisoirement en France. Pour me consoler de ce contre-temps, je m’offre une dernière découverte dans la région.

Les Fidji en tant que « gros » pays du pacifique sont un nœud régional important, j’ai donc l’embarras du choix. A l’ouest, il y a la France, avec la Nouvelle Calédonie. La France est aussi au nord-est avec les deux petites îles de Wallis et Futuna. Je ne vais pas en France immédiatement. Au sud-est se trouvent les Tonga, dont je connais déjà le bon caractère des habitants et que j’aurais adoré visiter également. Les îles Samoa sont plus loin encore a l’est, de l’autre coté de la ligne de changement de date. Le Tuvalu, un tout petit état de 8 atolls et 12 000 habitant, se trouve plein nord. Les seuls liaison maritimes ou ariennes vers ce pays se font depuis les Fidji, tant que ces îles surnagent face à la montée des eaux. Il y a même Nauru encore plus au nord, micro état à l’histoire aussi navrante que dramatique. Finalement le Vanuatu sera ma destination, il se trouve dans le prolongement sud des îles Salomon qui forment comme une queue de comète au sud est de la Papouasie. J’ignorais tout de ce pays, ce qui est une excellente raison d’y aller.

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Je laisse mon vélo en pension aux Fidji, il ne serait qu’un fardeau inutile dans cet archipel où les routes sont rarissimes. J’arrive à l’aéroport de Port Villa, la capitale et seule véritable ville, sur l’île d’Efaté. Je grimpe dans l’un de ces minis bus colorés qui sillonnent la ville à la manière des taxis brousses africains pour rejoindre le centre ville. La ville est petite et aérée, sans prétention mais agréable à parcourir, construite autour d’une très belle baie. C’est déjà une bonne surprise. Ce jour là l’affluence et même, par Toutatis, les embouteillages sont au rendez-vous du fait de la présence d’un énorme paquebot de croisière. Des milliers de touristes déferlent pour le plus grand plaisir des vendeurs de souvenirs qui forment une cohue à l’entrée du port. Les croisiéristes repartiront le soir même, sans même voir autre chose que cette ville. Port Villa étant le seul port du pays à pouvoir accueillir de tels monstres flottants.

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Les Vanuatais sont d’une gentillesse et d’une générosité déconcertante, en quelques minutes je suis orienté vers l’extrémité du port, d’où partent les petits cargos qui desservent la plupart des 83 îles de l’archipel. Je souhaite aller sur l’île de Tanna au sud du pays. L’ambiance du port me rappelle celle du Mali. Les équipages chargent les embarcations bien au delà de leurs capacité théorique sous le regard d’une petite foule souriante de passagers qui semblent ignorer le sentiment d’impatience malgré les retards systémiques de plusieurs heures.

Mon cargo fait une quinzaine de mètres de long , la ligne de flottaison est en partie sous l’eau et le générateur vient d’être bricolé quelques minutes avant le départ. Ce même générateur s’arrêtera plusieurs fois durant la traversé, privant notre cargo de tous ses systèmes de navigation et communication ainsi que de son éclairage durant de looooongues minutes en plein Pacifique. Nous sommes 20 passagers à nous partager 10 mètres carrés sur une plate-forme à l’arrière du bateau. La mer est très forte, le moteur gueule comme un dragon blessé, les vagues et la pluie inondent par moments notre refuge. Les Vanuatais ne sont pas un peuple de marin mais bel et bien des agriculteurs, et plusieurs passagers supportent très mal la traversée.

Nous faisons escale sur l’île d’Erommango, l’une des plus grande du pays mais seulement peuplée de quelques centaines d’habitants répartis dans trois villages côtiers complètement isolés les uns des autres. Isolé cela veut dire vraiment isolé, il n’existe aucun chemin, aucun sentier à l’intérieur de l’île. Ceux qui se sont risqués à l’intérieur des terres dans l’histoire récente se sont perdus, pour toujours. L’île était autrefois bien plus peuplée et des villages existaient dans chaque recoin de l’île. Les habitants ont dans leur mémoire collective le souvenir d’événements dramatiques, datant « d’avant le père de mon grand-père », « les gens mouraient comme des mouches », « une grande catastrophe » me dit-on. Mais que s’est il passé exactement ? Durant cette escale qui s’éternise, car le cargo s’est arrêté directement sur la plage et qu’il nous faut attendre maintenant que la marée remonte pour repartir, je ne parviendrais pas à en savoir plus. J’ai lu plus tard l’histoire du cataclysme d’Erromango. Les colons ont introduit à la fin du XIX siècles malgré eux une maladie contre laquelle les autochtones n’avait pas de résistance naturelle, 95% de la population a succombé à l’épidémie en quelques mois. Pour conjuré le sort les survivants on tué et mangé trois missionnaires européens qui tentaient sûrement de « sauver leurs âmes » grâce à la foi de Dieu.

Le cannibalisme était pratiqué dans la région entre clans rivaux. Le fait de manger son ennemi était une façon de l’humilier et de le supprimer pour toujours. Aux Fidji j’ai eu vent de pratiques antiques d’une cruauté et d’une horreur absolues. La victime étant par exemple maintenue vivante le plus longtemps possible afin qu’elle puisse assister de visu à la dégustation de ses membres. Des pratiques qui sont aujourd’hui tellement incompatibles avec la gentillesse et l’hospitalité de ces peuples qu’il semble aberrant de les y associer.

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Tanna est une île de 10km de long assez densément peuplée. 10 000 habitants dont plus de 3 000 à Lennakel, la capitale de l’île, une mégalopole dans le coin. Tanna se distingue par une forte identité, sa culture est originale par bien aspect du reste du pays. A Lennakel je suis hébergé par la famille de Robert, un instituteur francophone.

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Ah oui, avant de poursuivre, un aparté sur les langues au Vanuatu est nécessaire. Le Vanuatu est le pays qui à la plus haute densité de langues, plus d’une centaine de langues pour 280 000 habitants, soit une langue par groupe de 2500 habitants en moyenne. Les Vanuatais en tant qu’agriculteurs voyagent peu au sein de leur île, et encore moins entre îles, deux villages espacés d’un kilomètre peuvent très bien ne plus se comprendre dans leur langue réciproque. Pour complexifier la situation la colonisation du Vanuatu à été menée conjointement par la France et l’Angleterre. Il en a résulté une administration complètement bicéphale ou tout était en double. Il y a encore aujourd’hui deux systèmes scolaire, l’un francophone, l’autre Anglophone que je découvre alternativement d’un village à l’autre sans aucune logique de répartition. Heureusement, il y une langue compréhensible dans tout le pays, le bichelamar qui est un mélange de toute ces langues avec une bonne base d’anglais, du français bien sur, une grammaire plutôt germanique et du vocabulaire issu de tout le pacifique. Souvent les vieux s’adressaient à moi en bichelamar, je comprenais l’essentiel et je leur répondais en anglais.

Robert l’instituteur est content de pouvoir parler français avec un Français, depuis l’indépendance en 1980 la France se fait très discrète et l’immense majorité des touristes sont Australien et Néo-zélandais. Son village natal est à une journée de marche sur le flan de montagne vers le centre de l’île. C’est un village catholique et francophone, l’église fait bonne figure au milieu du village. Un prêtre fidjien de passage animera la messe le lendemain, mais mon intérêt se porte plus spontanément vers un autre lieu central pour la communauté, le nakamal.

Le nakamal, c’est l’agora du Vanuatu, le lieu ou les hommes, les vieux, les chefs discutent et résolvent tous les problèmes de la vie communautaire. C’est ici qu’un jeune homme cherchera l’assentiment de son futur beau père, c’est ici que les condoléances faites à une famille endeuillée seront formellement présentées et c’est aussi ici que l’on consomme le kava. Tanna est la seule île ou les nakamal ne sont pas des bâtiments en tant que tel mais une sorte de petite clairière entourée de grands banians. Ces arbres à la démarche onirique, ont toujours été mythifiés partout où ils poussent et il aurait été surprenant que les Vanuatais y fassent exceptions. A Tanna comme partout ailleurs, les femmes ne sont ni autorisées à boire du kava ni acceptées dans les nakamals.

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Comme je ne suis pas une femme, je suis convié en fin d’après midi au nakamal. Les vieux ont palabré toute une partie de la journée et il est temps pour eux d’aborder un moment un peu plus récréatif, s’il en faut. Les jeunes garçons apportent quelques friandises préparées par les femmes et s’activent à la préparation du kava. La racine fraîche est minutieusement nettoyée de toute la terre résiduelle à l’aide des fibres qui entourent les noix de coco avant d’être coupée en morceaux grossiers. Jusque là tout va bien. L’étape suivante était exclusivement exécutée par des garçons de 12 ou 13 ans me dit-on mais j’ai surtout vu des jeunes adultes la réaliser. C’est là que les occidentaux un peu timorés commencent à paniquer. Un type enfourne dans sa bouche une quantité conséquente de kava et mâche la chose sans l’avaler une bonne dizaines de minutes avant de tout recracher sur une feuille de bananier. La bouillie ainsi obtenue est passée dans l’eau, essorée plusieurs fois dans un genre de feuille que l’on trouve en haut des troncs des cocotiers pour en extraire le maximum de substance et enfin, s’il l’accepte, offerte au voyageur. Ce processus rend le kava 10 fois plus fort, en goût et en effet psychoactif qu’aux Fidji.

Alors que la nuit tombe subrepticement sur le nakamal, avec les premiers bols de kava distribués l’ambiance du lieu se métamorphose. Le silence s’insinue sans prévenir entre les hommes, nous sommes transportés chacun de notre coté par notre esprit libéré de son corps qui lui ne désire plus rien que le repos. Ceux qui parlent encore, murmurent et chuchotent comme s’ils avait peur de couvrir le bruit du vent dans les arbres. La pénombre fait place aux étoiles, les hommes se reconnaissent à nouveau pour un deuxième bol de kava si jamais le sommeil ne vous a pas déjà conquis.

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Je marchais depuis le matin sur des sentiers sinueux au centre de l’île, interrogeant chaque personne rencontrée sur ma direction, étant incapable de m’orienter seul dans ces petites montagnes raides et couverte de jungle. J’ai interrompu bien malgré moi, une réunion, semblait-il importante, en surgissant depuis le sous-bois au beau milieu d’un nakamal. Je passais donc une bonne journée, très aventurière et romanesque. Je marchais sur un étroit sentier, où les arbres fermaient le ciel comme dans un tunnel quand soudainement une petite clairière m’offrit un panorama sans égal sur le Mont Yasur. C’est un petit volcan de 300m seulement sur la pointe de l’île. Sa particularité est d’être le volcan en éruption le plus accessible du monde. Éruption douce et lente qui dure depuis environ 800 ans. J’observe un cône très régulier, un panache de fumée sort du cratère et à intervalles rapprochés de puissants grondements résonnent. Je fais face à la « plaine des cendres », le nom du lieu parle de lui même. Le vent poussent toujours les cendres volcaniques dans la même direction, créant dans cette île tropicale un mini désert grisâtre traversé par une petite rivière. Sur l’autre versant une végétation frêle se développe courageusement. Le fond du tableau, c’est l’océan pacifique dans lequel le cracheur de feu trempe les pieds.

Le volcan est l’une des principales attractions touristiques du pays, chaque jour une cinquantaine de personnes sont transportées en 4 x 4 jusqu’à son cratère par une piste aménagée. Une société étrange gère le site. La visite coûte près de 70 euros. J’ai lourdement insisté pour avoir des informations sur la justification de ce prix, interrogé les villages aux alentours, sur l’existence ou non d’une redistribution de cette manne. J’ai interrogé les employés de la société sur leurs salaires, dérisoires, semble t-il. J’ai également interrogé les personnes qui gravitent autour de ce phénomène touristique en louant tant bien que mal des hébergement aux alentours immédiats du volcan. Conclusion de mon enquête, quelqu’un exploite le volcan pour son unique profit, du coup je ne payerai pas.

La solution m’a de toutes façons rapidement été indiquée par les jeunes du coin, il y a un sentier sur le flanc végétalisé du volcan au bout de la plaine des cendres. Je m’y attaque l’après midi, quand la majorité des gens font la sieste. Le chemin est un peu confus au départ, finalement le seul but est de grimper à l’abri des regards caché dans les herbes. Je me retrouve en 40 minutes sur un petit replat ou la végétation s’arrête net, il ne reste plus que quelques dizaines de mètres de dénivelé avant le sommet. le sol vibre à chaque éternuement de la montagne, ce drôle de sol sableux gris foncé, parsemé de pierre noire patatoïde de toute tailles. Ce volcan, à ce moment là, me semble tellement correspondre à une image de livre d’enfant qu’il ne m’effraie pas. Cette forme si parfaite, cette taille raisonnable, ce petit panache de fumée, c’est juste une mignonne petite colline qui grogne. Le petit prince ne va pas tarder à arriver pour son ramonage. Je devine enfin le bord du cratère quand une détonation nettement plus forte que les autres, me pétrifie sur place. J’entends ensuite des genres de sifflement dans l’air et observe comme un nigaud, l’atterrissage sans grâce d’une pierre rougeoyante de 50cm à 10m de moi. Pof ! On m’avait dit « t’inquiète, en dix ans seulement deux personnes on été tuées par le volcan. » Cool. J’arrive au sur le cratère, ça fout les chocottes. Dans le cratère il y a en fait deux cratères comme les narines d’un dragon. Au fond c’est l’enfer sur terre, la lave s’agite comme l’eau d’un jacuzzi. De petites explosions propulsent des grosse gouttes de lave qui retombent au fond, puis le volcan semble se calmer, le bruit de la lave liquide sur les parois s’estompent mais c’est une feinte. Quand le silence va naître, la bête le tue dans un fracas sec et musclé, la cendre et parfois la lave sont expulsées sans ménagement avant qu’à nouveau le ciel s’éclaircisse et que ce cycle reprenne. Je reste quelques dizaines de minutes sur place le temps de prendre le tempo de cette respiration tellurique.

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Bon, voilà qui fut, sans exagération, une expérience unique dans ma vie mais c’est bien mieux de nuit me dit-on. Je réitère mon ascension le lendemain à 3h du matin, j’évite d’utiliser ma lampe pour le pas être repéré par les soi-disant gardes de cette fumeuse société qui exploite le volcan. Du coup, je manque le sentier végétalisé. Je grimpe directement dans la pente sableuse, créant de nombreux mini glissements de terrain qui me font reculer d’un mètre quand j’en parcours deux. J’escalade frénétiquement le monument géologique dans un mélange d’excitation et de panique quand un gag me traverse l’esprit. A cette allure je risque d’arriver comme un fou au bord du cratère et de tomber dedans comme un toon. Sauf que les toons sont invincibles et pas moi. Je m’arrête, je me marre, je repars, tranquillement. La nuit la lave se révèle partout à mes yeux et le lieu est encore plus flippant. Toute une partie de l’intérieur du cratère brille, la lave est projetée en l’air dans un spectacle de son et lumière du feu de Dieu, un feu d’artifice qui me file des mini arrêts cardiaques à chaque pétarade. Les pierres brûlantes en retombant sur les parois se brisent en petits cailloux incandescents qui résonnent dans la nuit.

Je me dresse au bord du gouffre de feu, et fais pipi dedans.

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Bula bula

On y arrive, ce pays aurait bien mérité trois articles mais un c’est déjà chouette.

Je suis toujours dans ce continent qui n’en est pas un, à savoir l’Océanie. J’atterris dans l’un des plus grands pays de la région que ce soit en terme de population ou de surface. Les Fidji. 900 000 habitants répartis sur plus de 300 îles. L’archipel est assez ramassé sur lui même, à par quelques exceptions, chaque île est accessible en quelques jours de bateau depuis Viti Levu, l’île principale au centre du pays. Cette dernière de forme ronde et de 150 km de diamètre accueille les trois quart de la population. Cette population justement est divisée en deux groupes ethniques principaux qui façonnent la société fidjienne. 60% des fidjiens sont issus des vagues successives de migration mélanésienne qui ont colonisé le Pacifique à partir du second millénaire avant JC. Différents peuples à différentes époques se sont tantôt métissés, tantôt fait la guerre et ont ainsi façonné l’homme fidjien d’aujourd’hui. Puis un jour ce sont les Anglais qui arrivent. Il y a bien une ville ou les métis européens/fidjien sont majoritaires mais cela reste anecdotique. Le colon britannique s’empare progressivement de l’archipel et fini par développer la culture de la canne à sucre. Seulement cette plante demande beaucoup de main d’œuvre et les fidjiens sont un peuple hédoniste et paresseux, très attaché à ses traditions, à son territoire et surtout à ses villages. La culture de manioc et autres plantes tropicales, la pêche, subviennent amplement à leurs besoins. Les travaux physiques ce n’est pas leur tasse de thé. Du coup les Anglais font venir des travailleurs d’Indes, plus motivés et plus entreprenants. Les Indiens sont resté après l’indépendance du pays, ils dirigent la quasi totalité des commerces du pays, vivent dans les villes principalement où ils expriment la diversité de leur groupe. Ils sont hindous, musulman, sikh ou chrétien. L’entente entre ces Indo-fidjien et les fidjio-fidjien est parfois conflictuelle. Les fidjiens d’origine îlienne bien qu’étant un peuple très accueillant, possèdent la grande majorité des terres en tant que propriétaires historiques et refusent souvent de vendre des lots aux Indiens. D’un point de vue politique les équilibres au sein du gouvernement sont d’une grande complexité et les mariages mixtes pas toujours bien acceptés.

      

Voila pour le décor mais avant approfondir le sujet je dois vous conter une histoire de bacille de koch. C’est une bactérie vieille comme l’humanité qui infecte généralement les poumons. Cette bêbête vit sur tout les continents, des dizaines de millions de personnes en sont porteurs et 1,5 million de personnes en meurent chaque année. (Pour 95% dans les pays pauvre, car ça se soigne très bien aujourd’hui)

Moi je savais pas ce que c’était que la tuberculose, je savais juste que pour obtenir mon visa néo-zealandais, ayant voyagé précédemment dans des pays dit à risques, je devais faire une radio des poumons. « Ouais, c’est 90 dollars de gâchés, les gars, si j’avais la tuberculose, je le sentirais après 45 000 km de vélo » j’ai dit. Bin ma radio elle était « suspecte », qu’ils ont dit. Comme l’annonce de cette suspiscion a coïncidé avec mon arrivée aux Fidji c’est ici que je devais faire les tests complémentaires demandés par l’immigration néo-zélandaise.

L’aéroport n’est pas à Suva la capitale mais a l’exact opposé de Viti levu à Nadi, ville sans intérêt. Je me rend 30km au nord à Lautoka, la seconde ville du pays où l’hôpital devrait être capable de réaliser les tests demandé. Je ne suis pas inquiet pour ma santé, je me sens bien, quand bien même j’aurais la tuberculose cela serait sous forme dormante, donc jusque là inoffensive. Mais je suis inquiet de la capacité de l’hôpital Fidjien à réaliser les tests selon les critères néo-zélandais. L’hôpital de Lautoka est calme, propre et quasiment gratuit ce qui est une bonne chose. La procédure n’est pas scrupuleusement respectée mais la jeune doctoresse tente de me rassurer en me disant qu’ils sont habitués à travailler avec la Nouvelle Zélande. Il faut six semaines dans tout les cas pour que les résultats soient disponibles, ça laisse le temps de visiter le pays.

Trois mois avant mon arrivée le pays a été frappé par le cyclone Winston, le cyclone le plus violent de mémoire d’homme dans l’hémisphère sud. Le nord de Vanua Levu à été particulièrement affecté et c’est par là que je me dirige.

Je suis accueilli dans un premier village puis dans tous les autres avec beaucoup de simplicité. La coutume traditionnelle toujours de vigueur est simple. A mon arrivée je demande aux enfants qui se sont amassés autours de moi plein de curiosité et de timidité où est la maison du chef. Il y en a toujours un pour dire que c’est son père ou son grand père. J’offre au chef le kava que j’ai apporté avec moi et en échange le chef fait de moi son invité.

     

Ce premier village a été relativement épargné par le cyclone, une dizaine de maisons ont été endommagées sur la vingtaine de foyers et la solidarité villageoise est à l’œuvre pour reconstruire. L’électricité fera son grand retour le matin même de mon passage. Il est vrai que je me trouve encore le long de la principale route de l’île qui est la seule à être goudronnée, l’accès aux lieux est aisé.

A oui, le kava j’en ai déjà parlé dans un précédent article, c’était lors de ma cohabitation avec les Tongiens en Australie. Petit rappel pour ceux qui arrivent. Le kava c’est une racine que l’on réduit en poudre après l’avoir fait sécher. Cette poudre est diluée dans l’eau et la boisson ainsi obtenue est centrale dans la plupart des cultures du Pacifique. Le kava est traditionnellement consommé pour les cérémonies en tout genre, des mariages, enterrement mais également pour honorer l’arrivé d’un visiteur. De plus en plus on consomme le kava pour le simple plaisir de convivialité d’un moment partagé.

Cette boisson à des vertus relaxantes et anti-dépressives. Une consommation raisonnable pourra vous donner envie de dormir et vous procurera un sommeil profond selon votre sensibilité. Un excès malgré l’absence d’alcool vous rendra ivre et votre nuit sera agitée de rêves déconcertants comme si vous aviez trop fumé d’herbe. Le lendemain après avoir un peu trop usé du kava on est souvent envahi d’une paresse irrésistible et les sieste à l’ombre des cocotier se multiplient. Mais le kava ne se boit jamais seul, c’est autour de ces grands saladiers en bois sculpté et dans ces demi noix de coco que toute la socialisation et la convivialité du pays s’organisent. Le goût est infect.

Les jours suivants je m’engage sur des pistes couvertes de grosses pierres, très difficiles à franchir à vélo. Je fais le yoyo sur des collines à quelques centaines de mètres du rivage. Je dois descendre de vélo quasiment à chaque cote tellement la pente est forte, la roue dérape à chaque coup de pédale et je dois pousser le vélo de toute ma puissance suant des litres pour chaque mètre conquis. Les descentes se jouent crispé sur les freins, en tentant de maintenir mes trois roues sur ces cailloux qui se dérobent à mon passage.

Ici les villages on été anéantis par le cyclone. Souvent Winston n’a laissé qu’une école ou une église endommagée, seuls bâtiments construit en dur. Les ONG ont fourni des tentes à la population comme abris provisoires. Le gouvernement distribue quelques aides financières, malheureusement insuffisantes mais tellement nécessaires.. Les tôles des maisons détruites ont été récupérées pour reconstruire des petites cabanes de fortune. Trois mois après le désastre beaucoup d’ONG sont déjà reparties et faute de moyens la reconstruction pourra prendre des années. La plus grande difficulté maintenant vient de la destruction des plantations. Le kava par exemple met entre 3 et 7 ans à arriver a maturité et son prix a explosé sur les marchés locaux. Les cocotiers replantés donnerons leurs premiers fruits au plus tôt dans 3 ans. On me dit que le retour à la normale ne se fera pas avant cinq ans.

De Viti Levu je prend le bateau pour Vanua Levu deuxième plus grande île, je sais pas trop comment décrire sa forme, pour une fois on s’en passera. Viti Levu est beaucoup moins dense que sa grande sœur. On y trouve de grandes plantations de pins, principalement a l’ouest et de grands espaces de jungle encore très protégés par leurs propriétaires historiques que sont les chef de village. Ceux ci se définissent d’ailleurs souvent comme étant les protecteurs des lieux, ils déclarent volontiers que c’est eux qui appartiennent à la terre et non l’inverse.

Les Fidji sont des îles volcaniques hautes. Le point culminant est à plus de 1300m d’altitude, il y a un peuple des mers et un peuple des montagnes. Bien que pas menacé directement par la montée des eaux, le réchauffement climatique est une menace indiscutable pour le pays comme partout ailleurs, Winston étant un exemple évident du danger en cours.

D’autres états voisins n’ont pas cette chance. Les Kiribati, un archipel composé uniquement d’atolls, sera l’un des premier état à disparaître sous les eaux. Et cela dans un futur très proche, certain experts estiment que ce pays sera inhabitable dans 20 ans. Le gouvernement des Kiribati  a acheté des terres sur l’île de Vanua Levu, afin de préparer l’exode inéluctable de la population. Aujourd’hui plus de 110 000 personnes vivent aux Kiribati. Les Fidji pourront ils absorber l’équivalent de 15% à 20% de leurs population en réfugiés climatiques? La société et la culture gilbertine ne risque t-elle pas de disparaître doucement au profit d’une diaspora ? Ces états comme le Tuvalu, les iles Marshalls, les Maldives se débattent avec la force du désespoir et sombrent dans un océan d’indifférence.

Après Labasa la capitale de l’ile, je décide de m’enfoncer un petit peu dans les montagnes. Les pistes sinueuses deviennent de plus en plus étroites, le trafic routier est quasi inexistant. Les villageois marchent, souvent pied nu, toujours avec une machette vers les plantations, ou vers l’école pour les enfants. En une journée je parcours entre 30 et 40 km, je ne pensais pas de toutes façon être capable de faire plus. Les ornières, la boue, les pentes rendent la présence de ce vélo à remorque complètement aberrante.

Je suis accueilli dans l’un des villages les plus isolés du coin. Il y a une trentaines d’habitants, tout les hommes sont assis en cercle autours du kava. Le chef bien évidemment m’invite à rester, « un mois, deux mois, trois mois si tu veux » et me désigne même une maison dont la famille est provisoirement absente, comme étant la mienne jusqu’à mon départ. Le mec est grand favori au concours de la meilleur hospitalité intercontinentale. Le lendemain il pleut alors je reste une journée. Le chef et ces fils me font visiter les environs et me racontent les histoires qui s’y rattachent. Je crois comprendre indirectement que certaines croyances antérieures à leur conversion au christianisme persistent mais le chef pourtant très bavard, ne s’attardera pas sur le sujet malgré mes relances. Je quitte les lieux accompagné d’un des fils du chef qui va dans le même direction que moi. Je pense que sans son aide je n’aurais jamais pu franchir cette piste devenu collante après 30 heures de pluie. Il me laisse en haut du dernier col à 500m d’altitude, d’où je peux me laisser rouler jusqu’au rivage. Si je garde un souvenir si agréable de ce lieu, pour la gentillesse de ses habitants, son isolement, la beauté des montagnes, des arbres, des cascades je dois y apporter une nuance de taille. Les femmes y étaient mal considérées, recluses dans les maisons, et même battues. Si ce n’est malheureusement pas une réalité spécifique à ce village, je l’ai ressenti ici beaucoup plus violemment que dans de nombreux autres endroits.

Je passe la fin de mon séjour aux Fidji sur la belle île de Taveoni, entre plage et montagne. Les résultats de mes tests a l’hôpital de Lautoka, sont complètement confus et contradictoires. J’ai pris la décision d’aller en Nouvelle-zélande et j’irai. Il m’en prendra juste plus de temps que prévu. En attendant et pour me consoler de ce contre temps je m’offre une dernière découverte dans le Pacifique.

Taveoni est l’une des rares îles à être traversée par le méridien 180, c’est à dire la ligne de changement de date. Selon sa place dans ce cinéma on peut voir un film la veille de sa sortie alors que votre voisin de siège le verra le bon jour.

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Eau claire et opale

Je dois maintenant résumer des mois de voyage en quelques paragraphes pour recoller à la temporalité, je m’en excuse d’avance, cela risque d’être beaucoup moins littéraire et beaucoup plus factuel que précédemment. Mais toujours en photo. Et puis c’est mon blog, je fais ce que je veux après tout. Si ça vous plaît pas allumez donc votre télé vers 19h sur la 8. Nanmého !

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Au nord de l’Australie la saison des pluies a fini par arriver, les températures et l’humidité sont montées en flèche donnant l’impression à tout un chacun de vivre dans une cocotte minute. De toutes les régions et de tout les climats que j’ai expérimentés cette période a été la plus dure du point de vue climatique. J’ai alterné travail dans les plantations de citrouilles et de bois de santal et vélo jusqu’à la ville de Katherine.

La Stuart hightway est inondée, la veille de mon passage il y avait plus d’un mètre d’eau

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C’est durant la semaine de Noël qu’il s’est mis a pleuvoir sans discontinuer pendant plus de quatre jours. Les rivières débordaient de toutes parts sur les routes, remplissaient les lacs habituellement secs du désert plus au sud et allaient jusqu’à menacer certaines habitations.

Entre Noël et le nouvel an je profite de quelques jours d’accalmie pour m’extraire de la région tropicale du nord et foncer droit au sud sur la Stuart highway, l’unique route qui traverse le pays du nord au sud. Je rencontre beaucoup plus d’aborigènes. C’est dans le territoire du nord qu’ils sont le plus représentés. Ils vivent encore sur leur territoire historique dans des villages que l’on appelle « communautés » . L’attachement qu’il ont à leur terre est primordiale voir viscérale et le fait de vivre chez eux au milieu du désert semble parfois être l’un des derniers reliquats de leur identité. Leur culture si violemment attaquée par la colonisation d’une brutalité inouïe n’a pas été le bouclier qui aurait pu les sauver aujourd’hui. Car même ces aborigènes vivant dans ces communautés, une minorité dans la minorité, quelques dizaines de milliers d’individus, ne sont plus ce que l’homme blanc a irrémédiablement détruit. Les aborigènes qui peuplent le désert vivent beaucoup trop encore d’ennui, de violence et de drogue. La chasse, si elle se pratique encore se fait avec des fusils depuis un 4×4 et le reste des aliments provient des petites boutiques subventionnées par le gouvernement où les aborigènes dépensent l’argent reçu de ce même gouvernement. Ce dernier est aujourd’hui plein de culpabilité et de remords face à la situation des aborigènes et est incapable de trouver la bonne attitude pour apaiser les souffrances. De l’autre coté les aborigènes sont conquis par une colère voire même une haine de l’homme blanc sans être capables encore de rendre cette colère productive. Cependant, je pense qu’il ne faut pas non plus idéaliser la société traditionnelle dans laquelle ils vivaient, celle ci était tout autant en prise avec les guerre tribales, les rapts de femme ou les massacres d’un clan par un autre et la dureté de la survie dans cet environnement hostile. A mon niveau, avec la rapidité des rencontres que j’ai pu faire, j’ai souvent remarqué la grande sensibilité de ces gens par rapport à leur environnement, à la force des arbres, la fragilité de certain animaux, la chaleur du sable, l’odeur de l’herbe …

Je dépasse Alice Spring, la ville qui est sur toute les cartes du monde car elle se situe presque exactement centre du continent et poursuis sur une route de plus en plus sèche ou les arbres finissent par disparaître complètement faute d’eau jusqu’à Cooper Pedy.

    

    

L’unique arbre de Cooper Pedy durant plusieurs décennies

Cooper Pedy est une ville étrange. Elle se trouve dans la zone la moins arrosé du pays, 50mm de pluie par an. Son unique raison d’être est la présence d’Opale, une pierre précieuse, dans son sous-sol. Les mines de toutes tailles se trouvent tout autour de la ville et dans la ville même. Il n’y a pas d’arbre alors les habitants installent de vieilles carcasses de voitures ou de machines de mine dans leur jardin dont le sol est couvert des opales de basse qualité. L’ambiance générale de la ville est surprenante et assurément unique.

   

Enfin j’arrive au sud du pays sur les berges du fleuve Murray, plus grand fleuve d’Australie. L’irrigation massive des plantations a complètement déstabilisé l’environnement naturel du fleuve qui souffre de la présence d’espèces de poisson invasive de même que les barrages ont brisé les cycles de crue et décrue auxquels les grand gommiers des berges doivent leurs survie. Sans ces cycles, aujourd’hui recréés de façon contrôlée, ces arbres symboles de la région mouraient par milliers après plusieurs siècles d’existence. Je ramasse des prunes. Des fruits dans une petite ferme et une pour non port du casque à vélo de 160 dollars. Eh oui en Australie et dans de très rares autres pays le port du casque a vélo est obligatoire. Les états du sud sont surnommés les « nany’s states » (états nounous) en raison de leur extravagante capacité à réglementer la vie quotidienne des gens comme si toute la population sortait de l’adolescence.

    

A Melbourne Maman arrive pour quelques semaines, au programme visite de Melbourne et de la Tasmanie en van de hippies pour mes derniers moments en Australie.

 

 

Une dizaine de jours après le départ de ma mère c’est à mon tour de me rendre a l’aéroport de Melbourne, vélo et remorque soigneusement emballés. Je quitte l’Australie satisfait, satisfait d’avoir eu deux ans pour approfondir ma découverte de ce pays gigantesque, d’avoir pu aussi me sédentariser par intermittence. J’ai apprécié ce pays pour la grandeur des espaces, pour la facilité que l’on a à trouver du travail, un logement qui donne une réelle sensation de liberté. Mais il y a quelque chose dans le système australien qui ne me correspond pas, trop capitaliste, trop libéral, trop americano-anglo-saxon trop far-west peut être, quoi qu’il en soit je suis content d’aller à nouveau me confronter à l’inconnu vers de nouvelles contrées.

 

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