Deux mosquées et une rake

Sortons de cet îlot aux merveilles cappadociennes pour reprendre les routes du grand plateau anatolien. Encore une fois il faut bien se résoudre à ne pas prendre racine . La vie du voyageur sème la confusion dans les sens à intervalle regulier. Sitôt un lieu attendu, atteint à la force des mollets, découvert, apprivoisé qu’il faut déjà le quitter. Pourquoi? La route est notre essence, c’est là, entre les villages, entre les villes, entre les croisements routiers, entre les aires de repos, entre les stations-services, entre les lacs et forêts dans tout ces endroits sans nom que se passe la plus grande partie de nos journées. Les paysages défilent et l’esprit se libère du corps qui machinalement pousse le vélo, tire la remorque. Dans ces entre-lieux nous sommes chacun dans une bulle immense qui laisse tout l’ espace aux questions, reflexions de la vie quotidienne, au comment fructifier les échanges avec les gens croisés sur la route, de la philosophie que l’on donne à notre voyage. Toutes les questions d’un homme flottent dans cette bulle y compris celle qui n’a pas de réponse claire, pourquoi un tel projet ? Chaque jour de vélo est une avancée sur le globe terrestre et une avancée dans la pensée.

Je roule parfois avec un oeil derrière pour prendre le maximum du lieu que je quitte et un oeil devant pour réussir mon entrée dans celui que j’aborde.

Sivas, ville d’un million d’habitants, une image de Turquie moderne. Etudiants, bâtiments historiques, gosses curieux qui tournent autours des vélos. C’est dimanche la ville grouille de monde et nous on trouve le moyen d aller dormir dans la zone industrielle à 10km du centre.

Comme partout dans le pays on y trouve une mosquée. Celle ci est inachevée. Tels les constructeurs des cathédrales  les ouvriers qui la batissent vivent au pied du monument. Rien de mieux ce soir là, malgré les km de vélo que l’initiative footballistique de Pierre pour faire connaissance. On embauche quelques turcs dans notre equipe, c’est qu’ils sont bien une vingtaine à vivre dans cette cabane en brique.

Ils sont joyeux communicatifs, on discute un bon coup après le match autours du thé. La barrière de la langue n’est pas si infranchissable que ça quand on est curieux de connaitre l’autre. Un fort esprit fraternel unit ces hommes, pour cause, tous sont originaire de la même ville, une petite famille qui migre au gré des chantiers. Ils nous ont reçus avec beaucoup de gentillesse et une vraie sincérité dans leurs gestes.

Au matin visite du chantier

Et ça roule encore, nous allons voir en deux jours deux facettes de la société turque. Les turcs, plutôt les citadins, adorent les pique-niques, BBQ avec ayran sorte de yaourt et l’incontournable thé qu’ils boivent du matin au soir. Seulement pour une fois quand nous demandons a dormir sur le terrain dote d’une petite maison dédiée a cette activité on ne nous propose pas de thé mais de la rake, alcool fort le plus courant en Turquie. La bouteille d’un litre ne survivra pas a la soiree. Deux de nos hotes sont complètement bourrés. Soyez rassurés, leur égarement religieux n’est pas total, l’accueil musulmant sera respecté a la lettre. Nos alcoolos quittent  les lieux en nous laissant l’usage de la maisonnette, pas sans soulagement de notre part, tellement gentils qu’ils ont bien fini par devenir un peu chiants et lourds.

au premier plan la Rake

Autre facette, village au pied des montagnes. Il pleut l’orage est bien proche, on demande un toit. On nous conduit à la mosquée, les villagois nous autorise à dormir dedans. Un interprète au telephone nous rappelle les règles, pas de chaussures bien sûr dans la mosquée et surtout pas d’alcool… ça nous changera de la rake de la veille!

Mais, c’était trop simple, un type arrive déclare etre gendarme demande à voir nos passeports, nous explique qu il y a un hotel à 10 km … C’est en effet un gendarme, il fait venir trois trouffions en uniforme, bien sûr nous sommes en règle mais au fil de la discussion un décalage a été mis a jour. Nous somme ici des touristes, difficile au premier abord de faire comprendre la difference de notre demarche. De fait nous sommes riches, quelle suprenante idée, de demander l’assistance à plus necessiteux que soit. Ici l’hospitalité ne se fait pas dans la demi mesure, c’est tout ou rien. Nous somme nourris simplement et dormons dans cette petite mosquée. Un apercu rapide de cette Turquie, rurale et traditionelle.

Trabzon sur la mer noire, c’est l’objectif de la semaine, c’est LA ville ou il faut demander le visa iranien. Avant de l’atteindre une chaine montagneuse à plus de 2000m une formalité bien sûr! Le vent de face dans la monte rajoute un peu de piquant à l’epreuve. Le paysage change de l’autre côté, les prairies laissent la place à une luxuriante foret.

Sur la côte mon imaginaire connait l’autre rive. L’Ukraine qui a vu naitre mon grand-père.

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A propos elievadrouille

Ami du velo et de la curiosité
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Un commentaire pour Deux mosquées et une rake

  1. Catherine dit :

    je suis chez Tartine qui m’accorde ce soir l’hospitalité . On vient de manger un tajine. Le dessert ?? Ton blog et ton nouvel article !
    Ici Tartine… Tu me reçois ?Je suis pleine d’admiration. Quel plaisir à te lire. Je vois que ça carbure dans la tête autant que dans les jambes (et dans le coeur). Ta mère me demande que tu lui rapportes de la Raque pour les soirées d’hiver.
    je t’embrasse
    (et moi aussi mam)
    Tartine

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