Des Irans

A la sortie de Tabriz, je fais la rencontre d’un couple de cyclo suisse. Encore une fois chacun son style de voyage, eux assument le terme de touriste. C’est bien souvent par cet unique qualificatif que je suis defini par les gens que je croise. Je m’efforce de réfuter ce terme, je le trouve péjoratif. Le touriste en general consomme, les belles images, les antiquites des musées, les specialités culinaire, les ambiances des lieux pittoresques. Il boit ce doux nectar de facon impudique devant des gens dont l’existence ne laisse pas d’espace au concept de vacances. Il participe à l image de l occidental riche comme un sultan, image qui malgré tout mes efforts est reflétée sur moi.

Je bivouaque avec les suisses à proximité d’un petit village, en quelques heures toute la population (homme) est venue nous rendre visite, la situation est assez rare pour que d’une façon ou d’ une autre la police soit prevenue. Le contrôle se passe plutot bien, rassurés de croire les suisses mariés et après avoir attentivement regardé les photos que je montrais aux jeunes présents autour de nous. Le contrôle des passeports,un rapide coup d’ oeil, était le pretexte qui permet de contrôler ce que l’on peut bien montrer ou dire a ces jeunes des campagnes iraniennes.

Il m’est quasiment impossible de planter ma tente, à peine ai-je trouvé un coin à ma convenance que le paysan le plus proche commence par m’apporter de l’eau, quelques fruits, revient une demi-heure plus tard avec l’anglophone du coin pour que je dorme dans la maison de ce dernier. C’est ainsi que je suis hébergé par Ali, fermier de sont état, il apprend  l’anglais par lui-même et se fait une joie de pratiquer le plus souvent possible. Je suis présenté à la motié du village, vaches comprises, gavé de riz, viande, thé, fromage et pain et ça recommence le jour suivant dans un autre village. Je n’ai pas le droit de me plaindre de tous ces gestes, et au quotidien sur les routes montagneuses, je doit m’arrêter, discuter, prendre des thés, à chaque fois que l’on me fait des grands gestes. Les Iraniens le disent : on aime les étrangers. je reçois beaucoup, dans les Balkans je ne pouvais payer mes cafés pour cause d’invitation irrefusable, ici c’est le repas entier que je ne suis pas autoriser à payer! En contre partie je suis également énormement sollicité, les arrêts bavardages ou je raconte pour une énieme fois ma petite histoire sous le soleil de plomb, les veillées tardives chez mes hôtes et les km de montagne m’exténuent. Je trouve regulièrement refuge dans les petits restos de route, j’ ai pu y voir des ambiances bien differentes les une des autres. Au milieu des montages un vieux qui regarde un peu bêtement sa pipe a cocaïne vide, un peu plus loin des jeunes routiers balouches pleins de dynamisme.

J’arrive sur les bords la mer Caspienne , il devrait faire un peu moins chaud. Les femmes se baignent en tchador, les hommes en slip. Les femmes, justement, elles vivent dans un autre Iran des canpagnes. Je les aperçois parfois, je peux échanger un salut discret tout au plus, dans les maisons il y deux partitions dans le salon, celle des hommes et celle des femmes, je ne peux même pas dire si elles sont malheureuses de cette situation tellement les contacts avec elles on été limités. Fabienne, la cyclo suisse, ne peut pas demander quelque chose dans un commerce en présence de son compagnon, les hommes feignent l’ignorance.

Direction Téhéran, une ville monstrueuse 40km de large les artères principales sont des autoroutes à deux fois 4 voies, la règlementation est très simple :  le premier qui s’engage a gagné la priorité, le non respect de cette règle sauvage vous expose au risque d’accident. La ville est cernée par les montagnes ce qui permet de se soulager les yeux apres avoir subi la laideur de ces grandes avenue sales et désorganisées.

Avec peine et grâce à l’aide des Iraniens adorables qui m indiquent le chemin je trouve mes hôtes plus de trois heures après etre entré dans la ville. F. une étudiante moderne m’accompage chez son pote P. qui m accueillera une dizaine de jour. Ils font partie de la jeunesse riche d’ Iran qui vit clairement à l’ européene. A peine entrée dans le hall de l’ immeuble que F. a deja enlevé son tchador et laisse à la vue de tous ces infidèles un décolleté remarquable. Dans l’appart de P. un meuble rempli de bouteilles d’alcool trône dans le salon. Il est l’un des rares de sa bande de potes à avoir son propre appart. C’ est un lieux ou tout est possible, l’une des millions de bulles de liberté qui échappe aux règles islamiques imposées à tous en Iran. Ses amis passent chez lui pour faire la fête bien sûr, mais aussi pour faire l’amour, deux jeunes qui se plaisent en Iran ne peuvent aller ni chez leurs parents ni à l’ hôtel ni ailleurs …

Entre mes démarches pour obtenir les visas pour l’ Asie centale on m’invite vivement dans une villa au nord de Téhéran. Je passe une soirée absolument normale entourée de gens intelligents, sympas, qui aiment discuter politique entre autres. Leurs regards est très critique sur le monde (et bien sûr le gouvernement iranien), sur les révolutions arabes par exemple ils veulent dire aussi fort que possible « qu’ ils se méfient des risques d’un gouvernement religieux ». Ils savent de quoi ils parlent dans se cas là! La soirée continue, jacuzzi et verre de vodka à la main entouré de belles filles. Une soirée absolument normale donc…que jamais j’aurais pu imaginer vivre en Iran.

En Iran tout est possible et tout est caché. Le gouvernement est détesté même par des gens religieux. Des dizaines de personnes en me montrant le portrait de Khomeini déclarent « terroriste! » L Iran a tout le potentiel pour être l’un des plus grand pays du monde. Une richesse géologique, touristique, un réseau de transport moderne, une situation géographique et surtout une jeunesse instruite qui en veut!  Au lieu de cela la population étouffe sous les sanctions économiques qui font exploser les prix,  les jeunes quittent le pays pour y faire des études et n’y rentrent pas, le tourisme est limité au minimum.

PS : Désolé pour cet article un peu bâclé, je ne voulais pas laisser mon blog immobile plus longtemps. Je suis à Bukhara en Ouzbekistan, je peux donc balancer librement sur le gouvernement iranien sans crainte. Dans quelque jours de nouveaux articles.

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A propos elievadrouille

Ami du velo et de la curiosité
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3 commentaires pour Des Irans

  1. Marie Malleret dit :

    salut Elie! contente d’avoir de tes nouvelles et de voir que tout se passe bien pour toi. C’est toujours très intéréssant d’avoir un point de vue objectif de ces pays hors média. merci pour ça!Bonne route! Marie (la soeur de Pierre)

  2. Karnauch dit :

    non, pas si bâclé, assez intéressant, même, merci! Rémi

  3. Patrick Ochs dit :

    bon récit(Patrick un copain de rémi…)

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