Les cultes

Esfahan, il fallait y aller meme s’il m en coute une entorse aux principes que je me suis fixés. Les dix jours passés à Teheran m’ ont engourdi les pattes et pourtant c’est en bus que je vais à la decouverte des plus belles cités d’ Iran, le velo dans la soute. Le bus est le moyens priviligié par les iraniens pour parcourir leur pays, quelques euros pour faire 800km. Les iraniens à defaut de pouvoir voyager au-delà de leurs frontières profitent sans moderation des richesses que leur offre leur grand pays chargé d histoire. Je suis hébergé par Mohsen, il parle francais et connait presque aussi bien que moi la politique francaise. Nombreux sont les iraniens qui se prennent de passion pour une culture étrangere, ils en aprennent la langue, la pensée des grands hommes de ce pays, suivent l’actualité… Une façon de s’échapper en pense du régime de l’absurde. En pensée car les gouvernements occidentaux posent des conditions si strictes pour la delivrance de visas que bien peu de ces iraniens avides de nouveau monde auront la chance de voyager. Les sanctions contre le régime encore une fois se retourne contre un peuple qui pour rien au monde ne merrite un tel mepris. Mohsen critique fermement lui aussi son gouvernement, il est pourtant quelqu un de tres religieux, un côt éque l’on peut qualifier de reactionaire. Lorsque je le questionne sur la condition des femmes il me repond :  »La femme est un bijou que l’on aime et que l’on protège le mieux possible en la laissant à la maison. » Cependant il a été veritablement adorable avec moi.

Esfahan ville organisée, aerée propre et structurée a la réputation d’être la plus belle ville d’ Iran. Je la visite en compagnie de Boon un malésien rencontre devant la grande mosquée ci- dessus. Il rentre chez lui depuis Londres, en bus.

La ville est active vivante, il y fait bon vivre disent ces habitants, vraiment bon vivre pour rien au monde ils iraient vivre dans une autre cite d’ Iran. Nous sommes un vendredi la ville est donc très calme, comme toujours les iraniens curieux nous abordent amicalement tout le long de notre visite et meme durant la sieste que nous faisons dans la plus vieille mosquée de la ville (je reviens plus loin sur les mosquées). Il faut reconnaitre qu’ un malesien et un francais ensemble en iran ne passent pas inapercus! J’ apprends aussi l’ existence d’une loi des plus incroyables en iran, au milieu de la place la place principale trône un prefabriqué dote de la mention « police touristique ». Les fonctionnaires ont entre autres rôles la tâche de veiller à ce que les iraniens ne parlent pas aux étrangers. En effet c’est interdit.

Une minorité arménienne habite la ville. Un petit quartier et deux églises voisines, une catholique l’ autre protestante. Peut-être aussi la seule épicicerie d’Iran qui vend des saussices de porc. Un léger soufle d ‘air dans ces ruelles, les femmes restent voilées mais de facon moins outrancière pour mes yeux d ‘occidental. C’est aussi le seul lieu public d’Iran où j ‘ai été abordé naturellement par des jeunes femmes fumant des cigarettes comme des hommes diraient certains iraniens.

La riviere d Esfahan….

Faubourg de la ville

Je continue vers Shiraz, toute une panoplie de vestiges historiques, palais, bazar, mosquées et tombeaux de grands hommes… Ci-dessous la cour d une ancienne école, le monsieur barbu qu il est convenu d’ appeler mollah ne sait pas qu il est pris en photo.

Hafez, poète persan mort en 1337 dispose depuis moins d’ un siècle d’un mausole à la hauteur du culte que les iraniens lui vouent (comme pour tout les grands hommes le succes vient après la mort). Chaque jour des centaines de personnes se rendent sur sa tombe pour rendre hommage au penseur soufiste, méditent dans le jardin partie intégrante du mausolée ou est diffuse une douce musique traditionelle. Certain viennent tous les jours, d autres on traversé le pays dans ce seul but. Le Divan, recueil des oeuvres de Hafez est un livre divinatoire. Posez votre question ouvrez le livre à n’importe quelle page. La réponse se trouve dans le poème que vous vous apprêtez a lire.

Persepolis, dans mon imaginaire c’etait une ville-mythe comme Atlantis. Capitale d’un monde disparu, les millénaires ont epargné juste assez de pierres scupltées pour permettre à l’esprit du voyageur de voyager un peu dans le temps. Surplombant la ville, le temple zoroastre taillé dans la roche fait triste mine, privé de son feu eternel.

Je me relance a travers de desert direction Yazd. Il fait abominablement chaud, je ne peut même pas dire a quel point il fait chaud à midi, mon thermomètre ne fonctionne pas au delà de 60 degré. C’est parait-il dans cette région, un peu plus au sud que la plus haute température jamais enregistrée au monde a été relevée. Plus de 100 degres. Une chance pour moi que cette partie du désert soit montagneuse. J’oscille entre 1500 et 2700m d’altitude sans vraiment sentir d’air frais. Le compteur du vélo approche des 17000km et des 1000 heures depuis plus d’ un an que j ai quitté mon travail. Ca fait combien de coups de pédales ça? Trop visiblement, la pédale droite s’arrache complètement sans prévenir au beau milieu du désert, le filetage de la manivelle est détruit, impossible d’en fixer une nouvelle et impossible d avancer. Le dernier village était a 40km le prochain est à 300m tout va bien! Le mecano téléphone à la moitié du village pour me fabriquer une pédale de fortune. Il a fait de son mieux je le sais, malheuresement ça casse devant l’arrêt de bus … J’arrive a Yazd frustré de n’avoir pu traverser ce désert en vélo.

Yazd est une Venise des sables, sans les canaux bien sur, mais la vieille ville est un incroyable réseau de ruelles, passages couverts, mini bazars, mosquées de toutes tailles, descentes vers les rivieres souteraines et autres petite places.

La veille de mon arrivée le pays célebrait l’ anniversaire du douzième imam dont le retour est attendu chez les chiites. Les rues et les mosquées portent encore leur parrures de fete en ce vendredi après midi, jour chome, que des chats dans les rues. Même dans le quartier zorosatrien.

Pour ma derniere étape iranienne je pénètre le lieu le plus sacré du pays. La mosquée de l’ Imam hussein à Mashhad. C est l’une des plus grandes mosquées au monde, deux millions de personnes peuvent etre accueillis dans ces murs. Une véritable ville au coeur de la ville, des dizaine de cours, de salle de prière, des minarets et des domes tous somptueux. La mosquée est vivante par elle même, des artisans sculptent les ornements sur le marbre, peignent les céramiques alors que l’ont construit encore de nouvelles cours, domes, minarets et fontaines aux ablutions. Les salles rivalisent de faste, du sol au plafond les dorures, calligraphie, mosaiques de miroir vous font comprendre que vous evoluez à l ‘interieur d un trésor. Un systeme de « chaussurier » bien sûr, une rotation des tapis, des bibliothèques… Le cout faramineux de l’entretien et de la construction de la mosquée ne peut etre supporté uniquement par les fidèles. Des entreprises ont pour unique but le versement des bénéfices à cet effet. Des surveillants veillent à ce que chacun respecte les regles, notamment ne pas prendre de photos. Armé d un plumeau, ils l’agitent devant le téléphone portable du contrevenant. Ces hommes sont tous volontaires et ne perçoivent aucun traitement, c’est un honneur que de faire ce travail. L ambiance est très agréable, on sent, on palpe, on touche la ferveur du lieux. Je ne peux m’empecher de me sentir serein, vide de mes soucis quotidiens, une sorte de plénitude me gagne et j ‘accepte de cette façon la communion du lieu. Les gens sont très silencieux, absorbés par la prière et la méditation. Mais c’est aussi un lieu de détente, on peut s’assoir contre un mur parler à voix basse, faire la sieste comme je l ai fait a Esfahan, lire, le Coran de préférence. La ferveur est électrique dans la pièce qui abrite le tombeau de l’ iman Hussein. Chacun veut toucher de ses mains le sanctuaire. Dans une bousculade douce evoluez avec le murmure des prières, quitter la pièce à reculons, sans tourner le dos à l’imam, la main sur le coeur les fidèles s’inclinent des dizaines de fois.

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A propos elievadrouille

Ami du velo et de la curiosité
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9 commentaires pour Les cultes

  1. Cher Elie, nous suivons ton blog avec beaucoup d’intérêt, tes descriptions des cultures au devant desquelles tu vas nous captivent. Elles nous permettent de voyager avec toi. Bonne traversee des deserts et des montagnes a venir. J’avais vu dans le col des Aravis que tu as un bon coup de pedale, mais je ne pensais pas a ce point !!
    Bien amicalement. Jean-Paul et Agnes, les parents de Pierre.

  2. blavin karnauch dit :

    Depuis le début nous suivons ton blog, et apprécions tes merveilleuses photos à croire que tu es né avec un appareil photo dans les mains, et bien sûr aussi testextes qui les accompagnent; et qui nous donnent envie d’aller la bas mais plus confortablement.
    marianne et philippe

  3. marco dit :

    eli, je suie de temps en temps tes périples et ce merveilleux voyage, continu comme tu le fait, fait nous découvrir le monde, et courage on pense a toi, et je t’envie un peux beaucoup, magnifique photo^^.
    marc antoine.

  4. Aline dit :

    Magnifique, la photo de l’enfant qui court devant la mosquée avec en fond les imams aux fronts sévères… Quant à la tête du drommadaire… il me semble que j’avais réclamé des photos de mon fils…Bon trekking à toi et Julien dans les montagnes tadjikes ! Bisous.
    mam

  5. Karnauch dit :

    Aline, y’a pas deux « m » à dromadaire, enfin! bon… toujours un plaisir de lire tout ça, et ça relativise nos clichés… R.

  6. Lescure dit :

    saut Elie,si tu as lu mon message, tu as pu être étonné:phrase pas finie,bref, échec d’une manip,ordi bloqué,impossible d’avancer,pédale cassée pour moi aussi.Bon,je pense très souvent à toi, j’ai des nouvelles par Aline,et je suis pleine d’admiration pour tes exploits physiques e t pour t es réflexions à propos de ton voyage et de tes rencontres.En ce qui concerne ton dromadaire,vu sa gueule, i l mériterait les deux m.J’ai plaisir à te suivre et t’embrasse ,Tartine.

  7. Ulysse dit :

    Bravo Elie, tu as réussi à sortir de la matrice ! Merci pour cette richesse que tu prends le temps de nous faire parvenir. Allez, « fuerza chamo ! »

  8. Aline dit :

    Les 2 mm suite : Elie doit être content : j’ai fait une faute d’orthographe ! Je me suis emmêlé les pédales avec le nombre de bosses…
    On attend d’autres nouvelles des « Stans » !

  9. Marie Malleret dit :

    très beau récit, on a hâte de lire la suite!
    Marie la soeur de Pierre

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