Voyage de malade!

Illustration de l’expression « manger la poussière »  à l’ heure où j’écris j’ai déjà parcouru 400km sur ce genre de piste, cette portion de 50km est au Tadjikistan, pas bien loin de la frontière kirghize. J’y ai croisé Yannick, un suisse qui est sur le chemin du retour. Tous deux fatigués par la poussière à 16h nous plantons les tentes en contrebas, vue sur une grande vallée et sa rivière boueuse.

Le poste frontière que j’emprunte est ouvert aux voyageurs uniquement du fait le la fermeture du Pamir, c’est une aubaine de traverser cette grande vallée qui borde le Pamir

La récolte du foin bat son plein, tout ce qui roule voitures, charrettes camions et tout ce qui marche, femmes, hommes et enfants, chevaux et ânes sont mobilisés en vue des hivers précoces sur le plateau à 3000m d’altitude.

Je suis à sary-tash, petit village au croisement des pays et cultures, quatre routes partent de ce village. A l’ouest d’où j arrive le Tadjikistan, au sud le Pamir d’où j aurais dû arriver, au nord le kirgizistan où je vais, à l’est enfin et à seulement 80km, la Chine ou j’irai. Je dois faire un crochet de 1500km pour prendre mon visa chinois à Bishkek la capitale kirghiz.

Deux jours de repos à Osh deuxième ville du pays. Je suis un peu fatigué, l’estomac patraque mais je repars doucement. Je quitte une plaine qui longue la frontière ouzbek (le découpage de ces pays est tellement incroyables que l’on se trouve rarement loin d’une frontière  les routes font des détours parfois bien longs pour ne pas avoir à traverser 5 ou 6 poste frontières dans la journée). Une chaine montagneuse de plus de 3000m se dresse devant moi mais je rencontre un problème inédit. Une nuit je sors précipitamment de la tente et vomis tout mon dîner. Puis la diarrhée, je me vide de partout, je n’ai aucun appétit. Je matin sans énergie au milieu des montagnes je pousse le velo vers une petite rivière  j’y passe la journée à chier de l’eau et a dormir. Deux groupes de kirghiz passent, les premiers me proposent de la vodka comme remède,  les seconds la conversion à l’islam. Ca n’est malheureusement pas plus efficace que les médicaments que j’ai. Je continue donc le lendemain, le ventre vide, je fais 50km, je jette toute la nourriture entamée, j’achète de l’eau minérale et parviens à avaler quelque biscuits. Le surlendemain je pense aller mieux, je mange un demi repas … la nuit je vomis a nouveau. J’accepte enfin ma situation, je suis malade et je ne peux me soigner seul. Un camionneur me dépose a Tortogul, petite ville qui dispose d’un hôpital. le bâtiment date de l’ère soviétique  la peinture a été refaite il y a peu, c’est plutot propre. Une perfusion et une boite d’antibiotiques. Je sens que ça marche, et j’ai hâte d’être a Biskek, je repars bien que je ne sois pas complètement rétabli. Le monte le premier col à 3100m sans manger de la journée  au sommet je comprends que j’ai puisé plus d’energie que raisonnable, trois jours sans se nourrir en continuant à rouler. Il fait froid, le vent est fort, je rentre dans la yourte qui se trouve la sans même demander.

Art contemporain ou securite routiere?

La famille de nomades qui y vit m’accueille naturellement, un petit bout de chou trottine tout autour de la yourte sur un cheval en plastique, sa mère confectionne le fromage et prépare le repas. Le grand frère de 11ans aide son pere auprès du troupeau. J’ai profité de l’absence de toute la famille pour vider dans un seau le bol de lait de jument fermente qui m’avait ete si généreusement offert, mon estomac ne pouvant raisonnablement supporter une telle épreuve.

Enfin ça va bien un col à 3600m et l’arrivée trois jour plus tard a Bishkek. Le visa chinois prend une dizaine de jours, je me repose, achète un ordinateur portable, entretiens le vélo, joue au poker avec les autres voyageurs, me regale dans un resto italien, me promène au bazar… Nous, voyageurs à velo sommes tous tristes de la situation de Martine et Dominique, un couple qui a la cinquantaine qui voyage à vélo comme nous, ils ont surement attendu leur voyage plus longtemps que nous, un peu gaché par le refus des chinois de donner un visa à Martine, son passeport serait trop vieux, pas biométrique, pourtant d’autres on eu le visa avec un tel passeport les refus semblent complément arbitraires et concernent que des français. La pauvre Martine en a les larmes au yeux, deux, trois semaines à tout tenter pour faire changer d’avis les chinois n’y font rien, l’avion vers l’inde.

Du coup je stresse à l’idée que l’on me refuse le visa le jour J, j’ai deja échafaudé tout les plans alternatifs, I got the visa! yeah! J’écrase le pedalier, choisis une route secondaire pour revenir à Sary-tash. L’empire du milieu est à portée de roue.

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A propos elievadrouille

Ami du velo et de la curiosité
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2 commentaires pour Voyage de malade!

  1. pierre dit :

    trop cool, chine here you come !
    de mon petit bureau tout gris je ressens un sentiment assez étrange, on dirait bien de la jalousie…

  2. Michel Guegan dit :

    C’est de nouveau Michel Guegan, je viens de m’apercevoir que je m’étais emmêlé les pédales dans mes mails (je dois être plus à l’aise sur un vélo!). Le bon mail est celui ci-dessous.
    Désolé et merci pour la compréhension.

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