Le toit du monde, les enfants sans toit.

(Pour ceux qui n’ont pas suivi l’épisode précédent, je suis pour un peu plus de deux mois un voyageur en sac a dos. Je profite de ce preambule pour souhaiter a tous les bipedes une tres bonne annee 2013! )

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Un petit pays entre deux mondes gigantesques, entre la Chine et son Tibet bouddhiste et l’Inde hindouiste. Du toit du monde à la jungle aux limites de la plaine du Gange. Quel monde y vit? quels curieux le parcourent? C’est quoi le Népal? Des centaines d’ethnies accueillent les cinq continents dans un pays aussi unique que surprenant.
Pour mon plus grand désespoir je ne passe que deux courtes semaines au Népal, juste assez pour en apprivoiser la surface. Je suis à peine sorti de l’aéroport de Katmandou qu’une dizaine de types me sautent littéralement dessus avec un bombardement ininterrompu de prix de taxi et de guest house ou ils souhaitent n’emmener. A les croire ils ont tous la douche la plus chaude, la meilleure connexion internet, la plus belle vue dans le meilleur quartier et ils sont tous disposes à s’occuper de mes tickets de bus ou m’organiser un trek comme on dit ici. Bien sur j’ai droit au « special price for you my friend ». Je ne suis plus un novice du voyage mais la je suis complètement halluciné, il me faudra quelques jours pour appréhender le phénomène et capter la grande humanité des népalais. La ville est un labyrinthe de ruelles ou circulent tout à la fois motos, rickshaw, voitures, bus, mendiants à une ou deux jambes, touristes, vaches sacrées  chiens, vélos  vendeurs à la sauvette, moines bouddhistes et singes … Au Népal on roule généralement à gauche mais la seule règle véritablement appliquee est le grand coup de klaxon pour se frayer un passage la ou il y a de la place.

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Le décor, des petits immeubles, colores, souvent un peu délabrés de façade mais avec de nombreuses portes en bois sculpte. Toutes sortes de commerces dans le quartier touristique de Thamel, ces derniers laissent heureusement la place au nombreux temples de toutes tailles. (eh ouais, jusque dans le tronc des arbres) Le pays est majoritairement hindouiste mais la plus grande partie des temples que l’on voit en ville sont bouddhistes.

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Si on lève un peu les yeux on ne peu pas louper les incroyables nœuds, pelotes, et amas suspendus que font les câbles électriques. Il en surgit des fenêtres et ventilateur pour aller se connecter de l’autre cote de la rue sur un pylône de fortune en bambou, ou tout autre chemin incongru en comparaison à la vie bien ordonne de nos câbles de pays riches. Le Népal a l’une des plus grandes réserve hydroélectrique du monde mais les coupures de courant sont quotidiennes, souvent plus de la moitie de la journée. Toute la population s’équipe donc de batteries et de groupe électrogène, indispensables en hiver quand le soleil se couche tot. Une photocopie vaut 5 roupies si il y a du courant le doubles s’il y en a pas!
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Moi je suis la surtout pour faire mon visa indien, à l’ambassade il y a une grande diversité de barbus à sandales, de filles blanches avec des fringues colorées et des sac en toiles mais aussi des footballeurs africains en vacances, des sud américains, des taïwanais… bref le monde entier. Je peux discuter avec cet échantillon non représentatif de la planète durant plus de cinq heures avant que l’on n’appelle le numéro inscrit sur mon petit papier. J’ai ensuite le droit de patienter dix jours avant de revenir à l ambassade encore deux fois pour avoir le précieux visa.
Ni une ni deux, je saute dans le bus pour Pokhara au pied de L’Anapurna, sommet à 8090m. Je suis au Népal et un amoureux de la montagne comme moi ne va pas se priver d’une telle occasion de faire de la rando. La ville de Pokhara est à seulement 200km de la capitale mais les routes sinueuses et étroites  la quantité de nids de poule et la densité de la circulation ne permettent pas au bus de realiser sa mission en moins de 7 heures. Dans le bus je rencontre Rudi et Robin respectivement hollandais et californien parce que dans le meilleur des mondes c’est plus sympa de faire de la rando avec de la compagnie.

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Pokhara je réalise encore une fois que l’économie népalaise est soutenue de toute part par le tourisme, tous les habitants de la ville sont aptes à vous dégoter des tickets de bus, des circuits organises avec guides et porteurs, des hôtels pas cher etc. Ils on su avec habileté comprendre les besoins et envies des foules de touristes qui débarquent dans la ville. Je suis bien heureux que se soit la saison basse, ca permet entre autre de négocier des bons prix un peu partout.
Nous marchons vers le camp de base de l’Anapurna, je n’aurais malheureusement pas le temps de rejoindre ce dernier sans être en retard pour mon visa indien. Bien que l’on soit au mois de décembre il fait bon la journée et seulement des petites gelées la nuit en dessous des 3000m d’altitude. Nous traversons des « villages auberge ». Vu le nombre de randonneurs encore présents a cette époque de l’année rien d’étonnant que toute la population se soit reconvertie en hôtelier le long des ces sentiers balisés.

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Les ânes ravitaillent les villages pour la plus grande partie des besoins, les porteurs servent de force d’appoint ou livrent le matériel la ou les ânes ne peuvent plus passer. Mais leur rôle principal aujourd’hui est de porter les affaires des touristes qui s’offrent leurs services. Ces hommes et femmes (!) portent jusqu’à 35kilos de matériel avec ce systeme archaïque, une simple corde fait le tour du sac, les deux bouts reliés à une sangle de tissu plaquée sur le front. Ils avancent le dos voûté, parfois les mains derrière la tête pour  soulager le cou et la nuque. Ils n’ont que de simples baskets ou des sandales aux pieds. J’ai tenté une petite course avec l’un d’entre eux, impossible de dépasser ce gaillard, trop rapide et trop fort pour moi! Ne les appelez pas sherpas, les sherpas sont simplement l’une des ethnies du Nepal.
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L’Américain, le Hollandais et le Français marchent à petits pas sur les centaines de marches amenagées sur les flancs des imposantes montagnes, souvent dans une foret dense qui semble etre une jungle avec sa population d’oiseaux et de singes. Les sentiers conduisent l’equipe le long des cultures en terrasses qui bordent chaque village ou les nepalais saluent chaque randonneur d’un amical “Namaste!”. Interjection qui dit a la fois bonjour, bienvenue et merci d’etre la. Notre alimentation est constituee principalment de Dal Bath, le plat local par excellence, le dal est une soupe douce de legumes que l’on verse sur le riz avec le bath, des pommes de terre cuisinées légèrement epicees. Le plat est completé par une cuiller à soupe d’epinards, une seconde de sauce epicee dans laquelle je pioche à chaque fois avec une grande appréhension, le tout surmonté d’un rond de pain tres fin et croustillant. Si c’est le meilleur plat, en plus d’etre le meilleur c’est parce que l’on est automatiquement resservi une seconde fois à moins de refuser energiquement le phenomene en passant la main sur son ventre rendu rond par tant d’abondance et ainssi reussir à prouver que c’etait vachement bon.

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De retour a Kathmandu j’ai eu le plaisir de recroiser par hasard Dominique et Martine ce couple que j’avais laissé quelques milliers de km au nord ouest. Rappelez vous, ils etaient coinces à Biskek par la bureaucratie chinoise. Ils ont roulé de Delhi a Kathmandu et ont retrouvé un sourire aussi grandiose que celui du Dalai Lama. Je circule sur une toute petite planete ou les distances, les pays, les villes et le temps semblent parfois se meler dans mon imaginaire de petit garcon innocent.
Des petits garcons et petites filles innocents il y en a, pieds nus dans la crasse. Habillés de vetements troués, difficile de dire si ces derniers sont délavés ou simplement dégeulasses; les enfants se dressent devant vous le dos droit, sans mots, le regard doux mais si cruel, les mains jointes. Ils ont un magnifique sourire, je les ai trouvé beaux, j’avais envie de les prendre dans mes bras et pleurer pour eux. Pourtant je n’ai pas sorti la moindre piece de ma poche, ils n’auront pas un sou de moi, se serait entretenir leur situation, ils ne sont pas à leur place dans la rue.

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A propos elievadrouille

Ami du velo et de la curiosité
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2 commentaires pour Le toit du monde, les enfants sans toit.

  1. Joëlle prévost dit :

    Bonsoir Elie, je n’avais pas lu ton blog depuis longtemps . Tes récits sont vraiment extraordinaires, ils m’emmènent en voyage. J’aimerais les avoir ensemble dans un petit livre, pour lire et relire, n’importe où. Je sais que Aline a pris l’avion pour te retrouver ces quelques jours. Je vous embrasse et je te souhaite bonne continuation pour ton aventure digne d’un Marco Polo (dont le récit m’avait passionné comme le tien).
    Ta cousine Joëlle

  2. isabelle K. dit :

    Belle année à toi sur toutes tes routes, Elie ! Nous t’accompagnons pas à pas, grâce à ce blog que nous lisons avec le plus grand intérêt. Porte-toi bien, et porte-nous bien au bout du monde,
    Isabelle et Stavros Kamaroudis, Chartres et Thessalonique

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